Essai MINI Cooper cabriolet

Jean-François Destin le 24/05/2004

Curieusement, la géniale citadine d'Alec Issigonis lancée en 1959 n'a jamais été proposée en version cabriolet, c'est aujourd'hui chose faite avec cette Mini Cooper Cabriolet.

Présentation

Aujourd'hui, la griffe MINI réinterprétée avec talent par les Allemands de BMW se devait d'exploiter toutes les niches disponibles et surtout celle très tendance, du cabriolet. Fort du succès incroyable de la nouvelle MINI à travers le monde (140.000 exemplaires ont été produits et vendus en 2002 et 175.000 en 2003), les responsables de Munich n'ont pas hésité à investir dans une variante découvrable disponible dans les trois versions One, Cooper et Cooper S.

Didier Maitret, PDG de BMW France se félicite de cette diversification qui reste dans le droit fil de la stratégie haut de gamme de BMW Group : "Ce mélange d'émotion et de contenu produit fonctionne très bien sur une petite voiture haut de gamme surtout lorsqu'il s'agit d'un cabriolet" dit-il. Seule déception : la Mini "plein air" a raté l'été 2004 en France, les marchés prioritaires restant la Grande Bretagne et l'Allemagne. " Nous avons commencé à livrer en septembre et si tout va bien, nous en recevrons 400 d'ici à la fin de l'année 2004 et 1000 l'année prochaine" a t-il ajouté. Craquante dans sa présentation, bien équipée, astucieuse et inventive avec ses dossiers de sièges arrière rabattables et son toit ouvrant intégré à la capote en Z, la MINI cabriolet joue aussi comme les autres modèles sur une multitude de beaux (faux) chromes, sur 10 coloris à la mode (avec capote noire, bleue ou verte) et sur une taille de guêpe qui en fera la coqueluche citadine de ces dames. Les prix vont de 19400 € pour la Mini One cabriolet 90 ch à 25750 € pour la Mini Cooper S Cabriolet. Enfin, heureuse initiative : contrairement à la berline, le cabriolet n'abritera pas un moteur diesel.

Design

La Cabrio reprend pratiquement tous les attributs branchés et décalés qui font le succès de la berline. Et notamment les très nombreux composants plastiques qui font croire à une présence massive de chromes. C'est le cas notamment de la calandre, du mignon logo MINI à l'avant et à l'arrière, de l'entourage des optiques avant et des feux, de la visière de la plaque minéralogique arrière et des baguettes sous la jupe arrière. Conservant la même inclinaison de pare-brise (il offre ainsi une bonne protection contre les courants d'air), les stylistes ont opté pour une capote rappelant les proportions si appréciées de la berline. Centimètre en main, on s'aperçoit tout de même que la Cabrio affiche une hauteur légèrement inférieure à celle de la berline au profit d'une allure sportive et dynamique.

Atout maître : la transformation a pu s'effectuer sans avoir recours à de disgracieux montants centraux visibles. En revanche, pas moyen de se passer des arceaux fixes chromés à l'arrière. Un système à extraction automatique en cas de retournement se révélait trop lourd, trop cher et encombrant. Finalement bonne surprise, ces arceaux fixes décevants à l'oeil de prime-abord concourent en partie à un aspect un peu roadster. On note aussi les revêtements plastiques noir mat des passages de roues et des évolutions de style appelés à se généraliser très vite sur les berlines. Elles concernent les nouveaux pare-chocs, les superbes phares à verre lisse et la grille de calandre. A l'arrière, les phares de recul blanc ont été encastrés dans les feux sous verre clair alors que l'antibrouillard se retrouve dans le pare-chocs, entre deux baguettes façon chrome. Enfin, le troisième feu stop a été placé en hauteur au centre d'une baguette juste sous le pliage de la capote.

Habitacle

Capote ouverte, l'habitacle s'admire de l'extérieur. Gert Hildebrand, chargé de l'ambiance intérieure, a cherché à valoriser la présentation en travaillant autour de trois harmonies de couleur (bleu, beige et noir) et d'une planche de bord rehaussée de gris argent, d'anthracite ou d'un "look" bois ou aluminium. Pas très riches, les tissus arborent des dessins et des teintes gais. On retrouve évidemment le grand cadran central si cher au mythe Mini. Il cerne différents contrôles ou l'écran de navigation. Compteur et compte-tours derrière le volant ne nécessitent pas de lunette tant les chiffres et indications relèvent d'une police imposante. Curieux quand on sait que ce genre de voiture s'adresse surtout à des jeunes à la vue parfaite.

La MINI se classe selon BMW dans la catégorie des 4 places. Nous modulerons en indiquant qu'il s'agit tout au plus d'une 3 places si le passager avant consent à avancer son siège. Difficile de faire des miracles dans moins de 3.65m. L'esprit frondeur de la MINI s'affiche encore au niveau de la capote qui se replie en Z pour gagner de la place et intègre une position toit ouvrant baptisée ici "Sunroof" pour faire branché ! Une fausse bonne idée à l'usage car à cause du bruit infernal et des courants d'air que cette position génère à partir de 60 km/h, on ne s'en servira réellement qu'en ville. La capote de la MINI (avec lunette arrière en verre) se plie et se déplie en une quinzaine de secondes, un record, sans aucune intervention manuelle. Fonctionnelle, la MINI le reste jusqu'à l'arrière où, lorsque la capote est en place, le chargement dans le coffre est facilité par le système "easy-Load" combinant le relevé du support arrière des arceaux et l'abattant.

Moteur

En attendant l'arrivée de tout nouveaux moteurs à essence et diesel résultant des accords passés entre BMW et PSA (aucune date n'a été communiquée à ce sujet), la MINI qu'elle soit cabrio ou berline abrite au choix trois variantes, 1600 cm3 en 90 ch (One), 115 ch (Cooper) et 170 ch (Cooper S). Nous n'avons essayé que la Cooper qui s'accommode bien de sa charge supplémentaire (100 kilos) grâce à une redéfinition des rapports de boite. Sur la route, il convient de faire appel davantage à la commande de boite mais son maniement étant agréable, elle participe à l'agrément de conduite tout comme la sonorité du moteur dont on profite mieux en configuration cabriolet.

Châssis

Rablée, courte sur pattes, pratiquement sans porte à faux, la MINI se conduit comme un kart et en enlevant le haut, les ingénieurs n'ont pas voulu pénaliser son comportement ludique et sportif qui plait tant à la clientèle. Pour bien répartir les renforts structurels compensant l'absence du toit, ils ont contourné le problème en redimensionnant le soubassement et les bas de caisse (parois plus épaisses, cloisons supplémentaires, raidisseurs de tôles etc…). Pour protéger les occupants en cas de retournement, les montants du pare-brise contiennent un tube d'acier à très haute résistance capable de supporter 1,5 fois le poids du véhicule. Ils complètent la présence des arceaux arrière.

La suspension a bien entendu été tarée pour tenir compte du poids embarqué supplémentaire et le conducteur pourra compter sur différentes assistances électroniques. On trouve en série le CBC (contrôle du freinage en courbe) mais on verra sa facture s'allonger si l'on décide d'opter pour l'ASC+T (antipatinage avec contrôle de traction) ou le très efficace DSC (contrôle dynamique de stabilité). Au demeurant, la MINI cabrio est tellement stable, sûre et équilibrée qu'elle ne nécessite pas de surveillance électronique particulière.

Sur la route

On retrouve l'agrément de conduite de la Cooper berline notamment son agilité, sa maniabilité et une étonnante facilité à enchaîner les tracés sinueux. Comme nous l'évoquions plus haut, les 100 kilos supplémentaires ne se sentent vraiment pas si l'on prend soin de rester en permanence au dessus de 4000 tours. Très décrié, le confort de suspension ne fait pas référence mais reste convenable sur routes normales. A faible et moyenne allure, les vibrations et bruits de mobilier (le siège passager de ma voiture d'essai ne cessait de claquer) m'a davantage gêné d'autant que cet environnement sonore s'ajoute aux sifflements aérodynamiques de la capote. Qu'en sera t-il après plusieurs années d'utilisation ?

La rigidité (jamais parfaite sur un cabriolet) explique ces inconvénients mais on saluera tout de même le travail des ingénieurs synthèse châssis, la Cabrio virant à plat et changeant de cap comme la berline sans émettre de gémissements ou craquements intempestifs. Très facile à manipuler, la capote se commande à partir de boutons situés au centre du support supérieur du pare-brise. Rouler à ciel ouvert est infiniment agréable d'autant que les courants d'air restent limités lorsque le pare-vent est en place (il condamne cependant les places arrière). Ce pare-vent optionnel (270 €) se replie en deux parties et se range dans un sac sur le plancher du coffre. Malgré un rétroviseur central surdimensionné, le principal point noir de la MINI cabrio concerne la visibilité arrière entravée par la capote (surtout dépliée) et les arceaux. Conscient du problème, BMW livre toutes les cabrio avec le PDC arrière (système sonore d'assistance de manœuvre de stationnement).

Equipements

La MINI Cooper cabrio est livrée en série avec 4 airbags, l'ABS, l'antidémarrage électronique, le CBC, la climatisation manuelle, la direction assistée électro-hydraulique, les indicateurs de maintenance et de perte de pression des pneumatiques, le verrouillage centralisé avec télécommande, les rétroviseurs électriques, la commande électrique de la capote, le volant cuir réglable en hauteur (celui de la Cooper S), l'autoradio Boost 4X15w avec lecteur CD compatible MP3, les 4 vitres électriques, les rétroviseurs extérieurs couleur carrosserie, la banquette arrière rabattable 50/50 et les jantes en alliage de 15 pouces.

À retenir

BMW n'aura aucun mal à atteindre sa cible, les femmes semblant conquises d'avance. Le regard des gens sur notre passage en disait long sur la sympathie suscitée par ce modèle à part. D'autant que dans cette dimension et sous une présentation aussi "fashion", elle est unique et propose une fonctionnalité originale. L'agrément de conduite, la sportivité et le capital émotionnel qu'elle entraîne derrière elle ne se retrouve pas sur la 206 CC, la New Beetle ni même sur la Citroën C3 Pluriel délaissée parce que beaucoup moins chère et performante.
points fortsPrésentation extérieure et intérieure unique, capote originale et bien dessinée, agrément de conduite, performances, polyvalence de chargement.
points faiblesVisibilité arrière, confort relatif, trépidations à faible vitesse, places arrière étriquées, détails de finition.
Les chiffres
Prix 2004 : 21 500 €
Puissance : 115 ch

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