GINETTA

Gilles Bonnafous le 01/01/2001

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La passion du roadster anglais

Marque exclusive, Ginetta appartient à cette race de petites firmes anglaises animées par des artisans passionnés de compétition automobile. Elle s’inscrit dans une longue et brillante saga, où émargent Lotus, Morgan ou Caterham, cette dernière prolongeant aujourd’hui le mythe (et la construction) de la Lotus Seven.
Motorlegend vous propose de découvrir cette marque rare, qui perpétue la tradition britannique du roadster pur et dur.
GINETTA
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Installé à Sheffield, Ginetta est importé en France par SFR Automobile, qui commercialise deux modèles : un roadster de haut de gamme, la G 33, équipée d’un V8 Rover de 3,9 litres développant 200 ch, et la G 27 motorisée par un Ford Zetec 16 soupapes de 1800 cm3 délivrant 140 ch et qui emprunte de nombreux éléments mécaniques à la Sierra Cosworth. Ces voitures ont gardé l’esprit sportif qui caractérise Ginetta depuis ses origines.

La passion commune de quatre frères

Si l’origine du nom Ginetta demeure mystérieuse, la marque qui le porte n’a rien d’une énigme pour les officionados des voitures de sport britanniques. Peut-être cette appellation répond-elle au souvenir d’une aventure sentimentale vécue par l’un des frères Walklett... Toujours est-il que la passion a été, et est encore aujourd’hui, le moteur de cette aventure automobile à l’origine de laquelle se trouvent quatre frères animés par le culte de la course automobile.
Au début des années cinquante, avant la création de Ginetta Cars, Bob, Ivor, Trevor et Douglas Walklett possèdent à Campsea Ashe, à quelques kilomètres de Woodbridge dans le Suffolk, une société d’engineering spécialisée dans I’agriculture et de la construction.

Déjà, à cette époque, il est fréquent de les croiser sur le circuit automobile de Snetterton. Du rêve à l’action, il n’y a qu’un pas qu’ils ne tardent pas à franchir. Sur un châssis de Wolseley Hornet d’avant-guerre, restauré et modifié, les frères Walklett montent une carrosserie en aluminium conçue par Ivor. La voiture, qui a de faux airs de Maserati 4 CLT et que l’on connaîtra plus tard sous le nom de G1, terminera sa brève carrière sur une souche d’arbre, suite à un virage mal négocié sur une route de campagne. Mais le virus s’est installé et les frères Walklett sont maintenant décidés à construire et à commercialiser leurs propres voitures.
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Dans l’esprit du roadster britannique, l’objectif des quatre frères est de mettre à la portée des amateurs un modèle sportif à deux places, doté d’une mécanique accessible à tous et proposé à un prix abordable. Ivor dessine un châssis tubulaire en acier galvanisé, aussi rigide que léger. A ces deux caractéristiques, s’ajoute une grande facilité d’accès à la mécanique — trois qualités qui se retrouveront désormais sur toutes les productions de la marque. Dotée d’une carrosserie en aluminium, la G 2 est née et marque, au début de l’année 1958, la création de Ginetta Cars. Une centaine d’exemplaires du modèle seront construits jusqu’en 1960.

Rapidement, les frères Walklett font évoluer la G 2. Ils en conservent la structure de base, mais dotent celle-ci d’une carrosserie en polyester moins coûteuse. Ainsi apparaît la G 3 en 1960. Dès lors, les créateurs de Ginetta consacrent toute leur énergie à la conception et à la construction de voitures destinées aussi bien à la compétition qu’à la route.

La G4 : un palmarès flatteur

Tandis que la carrière commerciale de la G 3 se poursuit, Ivor Walklett s’engage dans le projet d’un nouveau modèle qui deviendra l’un des plus connus de la marque, la G 4. Conçue pour le plaisir de la conduite sportive comme pour la course sur circuit, cette barquette très basse et légère est construite sur un châssis tubulaire de section ronde, puis carrée. Présentée en 1961 au Racing Car Show de Londres, elle est plébiscitée par le public lui décerne le titre de " Best Looking Car of the Show ". Agile et facile d’entretien, la G 4 fera le bonheur de nombreux pilotes amateurs.
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Deux ans plus tard, la G 4 bénéficie d’un certain nombre de modifications, qui donnent naissance à la Série 2. Motorisée par un groupe Ford de 997 cm3, elle obtient également I’homologation pour la compétition internationale. Le potentiel sportif de la voiture est alors révélé par ses nombreuses victoires, que des pilotes comme Chris Meek, Nick Grace ou Johnny Blade remportent à son volant. Convaincu des capacités de la G 4, Chris Meek, le pilote maison, fait monter sur la Ginetta un Ford Cosworth de 1650 cm3. En août 1964, sur le circuit de Snetterton, il bat le record du tour des voitures de moins de 2500 cm3 précédemment détenu par la Porsche 904 de Dickee Stoop.

Les nombreuses victoires de la G 4 en compétition stimulent les ventes et contribuent à asseoir la notoriété de la marque, tant en Grande-Bretagne qu’à l’étranger, où la voiture s’illustre sur les circuits internationaux : Nürburgring, Sebring, Spa, Singapour, etc. Les améliorations techniques apportées au modèle sont à l’origine de la G 4 Série 3, de la G 6 et du prototype G 7. Ces succès amènent les frères Walklett à persévérer dans le développement de voitures conçues pour la compétition.

Cette démarche donne naissance à une génération de modèles ayant comme particularité la position centrale arrière du moteur.

La G12: anglaise à moteur central

Première Ginetta à moteur central, et première GT britannique de ce type, la G 12 apparaît en 1966. Equipée d’un moteur Cosworth de 997 cm3 et d’une boîte de vitesses Hewland Mark Five, elle se révèle comme une bête de circuit. Dès sa première course à Silverstone, elle bat le record du tour. A son volant, John Burton, Chris Meek et d’autres trustent les premières places des championnats. A la fin des années soixante, elle se trouve à son apogée et certains parlent d’elle comme étant la voiture à battre.

En 1968, est lancée la G 15, une GT dotée d’un à moteur de Hillman Imp, toujours en position centrale. Produite jusqu’en 1974 à plus de 800 exemplaires, elle constitue alors le record de ventes de la marque. Elle remportera également un championnat britannique aux mains de Alison Davis. Sa cousine, la G 21, un coupé fast-back (1970-1978) à moteur Rootes de 1,7 litre, fait appel aux suspensions avant de la Triumph Spitfire.
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Plus agressive, la G 16 est dévoilée en 1969. Equipée alternativement du V8 BRM, du moteur Lotus à double arbre à cames en tête, ou encore du Coventry Climax, elle affronte en compétition la Ford GT 40, les Chevron B 19, B 8 et B 9, et autres Lola T 70 ou Mc Laren M1B.

Dans la suite de cette lignée, Ivor Walklett conçoit un modèle destiné au marché américain. C’est la G 10, qui se place dans le créneau occupé par la Cobra. Motorisée par un Ford V8 de 4,7 litres, elle est décrite par Rod Leach, un spécialiste de la Cobra, comme ayant l’accélération la plus fulgurante qu’il ait jamais connue. Engagée à Brands Hatch pour sa première course, elle réalise la pole devant une Jaguar Lightweight et remporte l’épreuve. Hélas, elle ne sera jamais produite en raison de son coût excessif.

Les monoplaces Ginetta

Les frères Walklett se sont intéressés très tôt aux monoplaces, consacrant même un département à ce domaine. Plusieurs modèles voient le jour à partir de 1964, avec la G 8 et la G 9 conduites par Chris Meek. En dépit de solutions techniques valorisantes (suspensions in-board), ces voitures ne parviennent pas à et elles sont rapidement abandonnées au profit des sports-prototypes.

Mais dès 1968, les quatre frères reviennent aux monoplaces avec la G 17. Equipée d’un moteur de 998 cm3, elle fait l’objet d’un nombre important de commandes et glane de nombreuses premières places, notamment aux mains de Peter Voigt. Présentée en même temps, la G 15 est propulsée par un moteur Ford de 1600 cm3, ce qui l’amène à concourir en Formule Ford.
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Encouragé par les résultats de ses premières monoplaces, Ginetta aspire à accéder à la F3 et même à la F1. Si la G 19 réalise une saison en F3, la G 20, destinée à la F1, restera à l’état de projet.

En 1986, les frères Walklett reviennent à la monoplace avec la G 29, une voiture conçue pour participer à la très populaire Thurdersports race series. Elle s’y comporte très honorablement face aux ténors de la catégorie.

Quels qu’en ont été les résultats, l’engagement de Ginetta en monoplace a permis à la marque de capitaliser une expérience, qui n’a pu que profiter aux modèles de série.

La reprise de la marque

En 1969, la production de la G 4 est interrompue, sans mettre fin tout à fait à sa carrière sportive. Mais en 1981, la construction du modèle est reprise dans une version routière, la Série 4, qui assure une bonne part des recettes de la marque — qui livre une proportion importante de ses voitures en kits. Mais la G 4 ne peut oublier son pedigree sportif et elle participe notamment au rallye de l’Himalaya en 1982 et 1983.

Equipée de moteurs Ford, dont le RS 1600 Turbo, la G 32 est dévoilée en 1986. En septembre 1990, cette jolie berlinette est offerte en version cabriolet. Présenté au salon de Londres de la même année, le spider G 33 C apparaît comme un digne héritier de son ascendance, d’abord doté d’un Ford Cosworth double arbre 16 soupapes de 2 litres turbocompressé.

En 1989, les frères Walklett rencontrent un homme d’affaires passionné de voitures de sport, Martin Phaff, qui leur propose de reprendre Ginetta. L’affaire est conclue au mois de novembre. Toutefois, deux des frères fondateurs de la marque, Ivor (directeur technique) et Trevor demeurent dans l’entreprise, qui ainsi garde son âme et sa tradition artisanale. Dès lors la production annuelle monte de 50 à 200 voitures, les kits devenant l’exception.
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Au milieu des années 90, l’usine est reprise par un consortium européen constitué des importateurs français, belge, suédois, néerlandais, ainsi que par un concessionnaire anglais et Martin Phaff, le directeur de Ginetta.

Les Ginetta sont alors construites dans l’usine Volvo de Göteborg et la G 34 reçoit le 4 cylindres Volvo de 2 litres, accolé à une boîte de vitesses à 5 rapports de même origine. Equipé d’un turbo, ce moteur développe 165 ch à 5600 tr/mn. Mais l’affaire tournera court rapidement et l’importateur suédois se retirera.

Aujourd’hui, Ginetta propose deux roadsters, la G 33, au V8 Rover de 3,9 litres, tarifée à 250 000 francs, et la G 27, motorisée par un Ford de 1800 cm3, au prix de 180 000 francs. Modèle des années 60, la G 4 est refabriquée à la demande, mais uniquement pour le Japon. Elle est homologuée en VHC.

Ces voitures, qui perpétuent la tradition de la firme, conjuguent un ensemble de qualités qui en font des modèles particulièrement attractifs : une technologie de pointe, de hautes performances, une excellente tenue de route, une grande légèreté, le tout pour un prix des plus abordables.

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Commentaires

avatar de valisclosa
valisclosa a dit le 22-06-2014 à 14:24
J'ai été en quelque sorte le premier importateur Ginetta en France puisque en 1981. J'avais trouvé cette voiture grâce à Lionel Aglave. Nous l'avons ramené d'Angleterre et à part quelques connaisseurs c'était un modèle inconnue. Il s'agissait d'une G4 de 1962 que Lionel m'avait équipé d'un moteur Ford 105e et deux double corps Weber. Avec cette voiture j'ai participé à plusieurs courses historique à Montléry, Zolder, Spa et bien d'autres..Ce n'étais pas une auto pour devenir champion d'Europe mais un bon apprentissage. Je serai d'ailleurs trés heureux de retrouver des photos de cette époque ou l'on partageait la piste avec des Lister Jaguar, 250 SWB et GTO ou Aston Zagato.et ou on croisait Nick Mason par exemple.. Merci à Lionel de m'avoir initié.. De bons souvenirs...
avatar de steeves
steeves a dit le 25-01-2009 à 21:49
Un ami avait une ginetta G12 c'etait une voiture merveilleuse et je vois que ginetta continue à fabriquer des petits bijoux