• LE CONTRÔLE TECHNIQUE FAIT PEAU NEUVE

Le contrôle technique fait peau neuve

Cédric Morançais le 23/04/2018

Plus d'un quart de siècle d'amélioration du parc

Le contrôle technique automobile obligatoire est entré en vigueur, en France, le 1er janvier 1992. Soit 16 ans après que les textes européens en aient posé les bases. L'objectif est de permettre une baisse significative du nombre d'accidents mais aussi de réduire l'impact environnemental du parc automobile en alertant les propriétaires de voitures des éventuels défauts, en matière de sécurité et de pollution, de leur monture. Une alerte qui peut s'étendre jusqu'à la contrainte pour certains points jugés cruciaux. Si la nouvelle version du contrôle technique, qui entrera en vigueur le 20 mai, fait beaucoup couler d'encre, ce n'est pourtant pas la première fois que celui-ci évolue. Des directives de 1996, 2009 et 2010 l'ont déjà fait auparavant. Sans oublier le lobbying des réseaux de centre de contrôle technique pour tenter, sans succès à ce jour, de faire passer le rythme du passage obligatoire de deux à un an.

A ce jour, environ 6 000 centres se partagent, dans l'Hexagone, ce gros gâteau de plus de 25 millions de contrôles effectués chaque année.

Toujours plus de points contrôlés

La formule actuelle du contrôle technique automobile concerne 123 organes, pour un total de 409 défaillances possibles, réparties en deux catégories : les mineures pour 232 d'entre elles et les majeures pour les 177 restantes. Seules ces dernières sont soumises à l'obligation de réparation. Le propriétaire de l'auto concernée a deux mois à compter du contrôle pour y remédier puis il doit représenter sa voiture dans le centre qui a effectué ce contrôle pour y subir une contre-visite. A l'issue de celle-ci, si le(s) défaut(s) a disparu, c'est reparti pour deux années de tranquillité. Dans le cas contraire, le véhicule n'a plus le droit de circuler jusqu'à ce qu'il soit remis en conformité. Pour vérifier ce dernier point, il devra repasser un contrôle technique intégral... et payant.

Le contrôle technique version 2018 fait passer le nombre d'organes inspectés à 131. La liste de défaillances possibles passe ainsi à 600. Désormais, ces dernières seront réparties en trois catégories. Pas de changement pour les 139 mineures, qui n'obligent à aucune réparation, et les 340 majeures, qui devront être corrigées sous deux mois. En revanche, sont créées 127 défaillances critiques. Si l'une, ou plusieurs, d'entre elles sont détectées, une vignette spécifique sera apposée sur la voiture, signifiant que tout doit être remis en état sous 24 heures, faute de quoi cette dernière sera immobilisée.

C'est ce dernier point qui inquiète nombre d'automobilistes, pensant, à tort, qu'ils n'auront qu'une journée pour engager des possibles et onéreux frais. Certains invoquent les délais conséquents pour obtenir un rendez-vous en atelier, les autres la nécessité d'utiliser leur voiture au quotidien pour aller travailler et brandissant le spectre possible de la perte d'emploi.

Plus sévère, certes, mais plus juste ?

Les points qui exigeront une réparation immédiate concernent directement la sécurité et sont considérés comme représentant un danger majeur et immédiat pour l'ensemble des automobilistes. Qui se plaindra que soit interdites de circuler en l'état les autos présentant une corrosion importante, des freins ou des pneus usés au-delà du raisonnable, des fuites importantes de liquide ou encore une absence de rétroviseurs ? Ceux qui s'entêteront à continuer à circuler avec un véhicule présentant l'un de ses problèmes sont susceptibles de recevoir une amende de 135 euros. Petite précision concernant cette interdiction de circuler, elle s'applique dès minuit la nuit suivant le contrôle technique et la signification de cette interdiction.

Cette nouvelle formule du contrôle technique revoit également la façon de mesurer la pollution des moteurs diesel. Plus question, pour tous ceux mis en circulation à partir du 1er janvier 2011. Seules quelques raisons (fuite importante de carburant ou d'huile, détérioration de l'échappement, bruit anormal...), qui entraineront le recalage systématique, pourront empêcher cette vérification. Avec cette méthode, les voitures dont le filtre à particules a été retiré ou le circuit d'injection est très encrassé (injecteurs, vannes EGR...) ne devraient avoir aucune chance de passer entre les mailles du filet. Certains spécialistes évaluent la proportion de voitures diesel qui ne pourront satisfaire aux exigences de ce contrôle aux environs de 30%, avec une plus forte concentration pour celles qui sont majoritairement utilisées dans les zones urbaines. Un point qui devrait accélérer la baisse des ventes de ce type de motorisation, aussi bien en neuf qu'en occasion. Mais comme pour les points qui concernent la sécurité, faut-il s'offusquer de voir les véhicules polluants exagérément obligés d'être mis à niveau ?
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