• LE MONDIAL DE L'AUTOMOBILE SE DOIT D'ÉVOLUER
Mondial de l'Automobile 2016

Mondial de l'Automobile 2016


du 01 au 16 octobre 2016 Flux RSS Mondial de l'Automobile 2016

Le Mondial de l'Automobile se doit d'évoluer

Jean-François Destin le 03/10/2016

Jugé irremplaçable par tous les constructeurs présents Porte de Versailles cette année, le Mondial de l'Automobile se doit d'évoluer. Contrairement au refus de nombre de dirigeants estimant ce sujet trop sensible pour s'exprimer, Jean Michel Juchet, Directeur de la communication de BMW France, Frédéric Favre en charge des Salons internationaux chez Renault, Arnaud Belloni Directeur marketing monde de Citroën et Luc Chausson Directeur Général de Seat France ont accepté de répondre à nos questions.

Jean Michel Juchet, Directeur de la communication de BMW France


ML : Comprenez-vous l'absence de tant de constructeurs cette année ?

JM.J : Pas vraiment. Chez BMW, nous prenons en compte les phénomènes de digitalisation et les informations qui transitent par Internet, les réseaux sociaux et les smart-phones. Mais rien ne remplace le contact humain. Des centaines de milliers de visiteurs viennent échanger, ils peuvent s'installer à bord des voitures, poser des questions et même passer commande. C'est ça la vraie vie et dans cette optique, les salons sont essentiels.

ML : le format du Mondial sur 16 jours englobant 3 week-ends vous convient-il alors qu'à chaque édition, les budgets de fonctionnement augmentent ?

JM.J : Pour les grands rendez-vous comme le Mondial de Paris, le coût est supporté aux trois quarts par notre maison mère BMW AG et un quart par la filiale. Néanmoins cette durée nous parait économiquement contraignante. On imagine qu'un format de 9 jours et deux week-ends comme à Francfort ou Genève pourrait avoir le même résultat. Quitte à abandonner la course aux records pour annoncer à chaque fois une affluence en hausse dépassant largement le million de visiteurs. Il y a un point d'équilibre à retrouver pour satisfaire tout le monde.

ML : Certains estiment que tout augmente cette année depuis la location des mètres carrés jusqu'aux spots de lumière en passant par les abonnements aux transmissions numériques. Avez-vous eu des discussions à ce sujet.
JM.J : il n'y avait pas de discussions possibles. Pour nous l'effort budgétaire se situe plus au niveau de l'aménagement des stands et compte-tenue de la durée de l'exploitation des 450 personnes requises d'autant qu'on ne peut pas faire travailler le personnel plus de 6 jours d'affilée. Avec les rotations, ça représente beaucoup de monde et beaucoup d'argent. Dans l'avenir, on doit éviter l'inflation des coûts.
ML : Pour BMW, il est inenvisageable de ne pas être présent sur un Salon majeur comme le Mondial.

JM.J : C'est indiscutable

Frédéric Favre en charge des Salons internationaux chez Renault


ML : Que pensez-vous de ces défections ? quel regard portez-vous sur le format actuel du Mondial ?

FF : Comme vous l'imaginez, le Mondial est un évènement majeur pour le groupe Renault et bien entendu au-delà pour Nissan et Infiniti. En 2014, plus de 1.25 million de visiteurs ont été accueillis et 12 000 journalistes venus de 100 pays accrédités. Rien qu'en examinant ces trois chiffres, on comprend l'importance de l'évènement et les raisons d'être présent. Les visiteurs viennent pour prendre contact avec la marque, découvrir les nouveautés et elles sont nombreuses chez Renault et Dacia et aussi rêver en admirant des concepts cars comme notre spectaculaire Trezor. Sans parler de la division sportive avec la F1 et la Fe. C'est un véritable spectacle qui justifie bien les 16 € du billet d'entrée.

ML : Alors que tout a augmenté, aurez-vous un retour sur investissement après ces 16 jours de Salon ?

FF : C'est évident sachant que les relations de proximité que nous avons au Mondial ne sont pas quantifiables. L'essentiel est que les visiteurs passent un maximum de temps sur nos stands et repartent satisfaits de nos réponses et nos explications.

ML : le Mondial de Paris est désormais sérieusement concurrencé par les autres Salons notamment en Asie, en Inde, aux USA et en Amérique du sud. Dans ce contexte, l'évènement parisien ne va-t-il pas perdre un peu de son attractivité ?

FF : On regarde ça de près. Renault est présent en Chine et ailleurs mais on attend avec impatience la fréquentation de ce Mondial 2016. Le contexte économique et sécuritaire ne plaide pas en sa faveur. Au vu des résultats, on adaptera notre stratégie d'investissement mais quoiqu'il arrive, Renault ne peut pas se passer du Mondial.

ML : Le Format du Mondial doit-il évoluer ?

FF : Oui, c'est très long, la fête doit perdurer mais on ne peut pas rester statique si on veut avancer. Est-ce qu'il faut le raccourcir ou se contenter de louer moins de surfac ? Aujourd'hui, rien n'est décidé. Mais la concertation aura lieu.

Arnaud Belloni, Directeur marketing monde de Citroën


ML : que pensez-vous du Mondial tel qu'il se présente aujourd'hui ?

A.B : nous le voyons comme une formidable tribune qui va attirer peut-être un peu moins de monde qu'en 2014 en raison de l'effet attentat. Mais même si on tourne autour d'un million de visiteurs, c'est autant de fans susceptibles d'être accueillis sur notre stand. Comme à Francfort l'an dernier et à Genève en mars, nous disposons au Mondial d'un logiciel traqueur qui nous permet de savoir combien de temps chaque visiteur reste chez nous. A Francfort, il restait en moyenne 20 minutes puis 30 en Suisse. Un spot publicitaire de 30 secondes sur une grande chaîne TV ne peut pas rivaliser.
Concernant le Mondial lui-même, je pense qu'il y a encore une place pour l'événementiel automobile. Mais il faut y aller d'une façon raisonnable. L'industrie automobile de 2017 n'est pas celle de 1950 ou 1980. Aujourd'hui, les gens ont accès à toutes les informations en temps réel, à toutes les photos, à toutes les vidéos. Pour nous, l'enjeu est de restituer l'expérience physique et le contact humain. On n'a peut-être pas besoin des 4 000 m2 qu'on avait à la grande époque. Il y a des arbitrages à faire mais plutôt sur les salons étrangers qu'à Paris ou les constructeurs français sont majoritairement représentés. Ce qui compte, c'est l'expérience que les visiteurs vont vivre sur notre stand. On l'a réalisé à la manière de nos concepts stores bientôt installés dans toutes les grandes villes en France et à l'étranger. Deux sont déjà ouverts à Paris. Suivra Londres et d'autres capitales. L'idée est de transformer le showroom classique ressemblant souvent à un parking en un local évènementiel recherché par la clientèle.

ML : Et pour la durée du Mondial ?

A.D : Je n'ai aucune opinion, je pense que si c'était trop court, ça ne marcherait pas. J'aime bien les trois week-ends et je crois que le public y trouve son compte.

ML : Et la concurrence des autres Salons ?

A.B : comme tous les constructeurs, Citroën a déjà fait des arbitrages et notre présence dans les différents Salons étrangers est liée aux marchés que nous visons et aux perspectives à venir.

Luc Chausson, Directeur Général de Seat France


ML : En progression spectaculaire sur le marché français, Seat est omniprésent au Mondial. Pour autant son format vous convient t-il ?

L.C : Peu après son arrivée à la tête de Seat, Luca de Meo nous a dit début 2016 que les 1% de part de marché en France ne le satisfaisait pas et il s'est penché d'emblée sur ce grand rendez-vous d'automne du Mondial. Il a décidé d'avoir un stand plus petit mais digital dans le hall 4. Au lieu de la conférence traditionnelle réunissant des journalistes débout, il a produit en 5 langues une vidéo définissant sa stratégie. Les journalistes équipés d'un casque de réalité virtuelle ont été informés avant de visiter Barcelone à bord d'une Ateca comme s'ils étaient au volant. Par ailleurs, rester au fond d'un hall pour l'ensemble de la gamme ne nous plaisait pas et il a accepté qu'on réfléchisse à une présentation inédite au travers de la construction d'un pavillon neuf dans l'enceinte du parc des expositions. Ce pavillon tout blanc est dédié uniquement à l'Ateca car il symbolise le renouveau de la marque et ses ambitions. Enfin nous disposons à quelques centaines de mètres d'un site d'essais mis à disposition du public. Au final, notre but est d'être le plus visible possible et même si notre budget est très important, la durée nous convient. Si elle est réduite, nous suivrons, l'essentiel est d'être là.

ML : Seat France a t-il participé au financement du pavillon ?

LC : Non, Seat SA Barcelone a financé entièrement et la filiale française en assure les frais de fonctionnement.

ML : A l'heure des choix économiques et budgétaires, estimez-vous pouvoir obtenir un bon retour sur investissement au Mondial ?

L.C : on est convaincu que le besoin de différenciation est validé et les sommes bien investies. Je ne vous aurai pas forcément dit ça il y a 2 ans.

ML : Justement, ce besoin de vous différencier ne va-t-il pas vous pousser à exposer dans les Salons des nouvelles technologies ?

L.C : Bien sûr. L'un est à Barcelone, ça tombe bien, et les autres à Berlin et Las Vegas. Les voitures étant de plus en plus connectées, l'industrie automobile y a toute sa place. Ce sera le nouvel arbitrage de nos déplacements dans l'avenir.

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