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Essai KIA Stinger GT 370 ch

Cédric Morançais le 13/11/2017

Après presque six années de gestation, la Stinger, version de série du concept GT présenté en 2011, prend enfin la route. Et ceux qui pensaient la marque coréenne incapable de produire une GT digne de ce nom risquent de tomber de leur chaise.

Effets de surprise

Si, pour vous, la gamme Kia ne se compose que de berline et de SUV sans charme dont les seuls intérêts sont un tarif serré et une garantie de 7 ans, préparez-vous à un grand choc. Petit retour en arrière. Nous sommes au salon de Francfort, il y a six ans. Le numéro 2 coréen lève le voile sur un énième concept sportif, baptisé GT. Pour la totalité des observateurs, cette auto devrait rester un concept, mais les dirigeants de la marque créent la surprise, quelques semaines plus tard, en annonçant la mise en production de ce missile routier. Le résultat, nous l'avons désormais sous les yeux. Si le nom change et reprend celui d'un autre concept, de 2014 celui-là, les lignes, elles, sont plutôt fidèles à l'original. Et même s'il est permis de trouver des inspirations BMW dans sa face avant et Audi pour la partie arrière, la Stinger affiche un dessin bien à elle. Basse et large, elle parait plus imposante qu'elle ne l'est en réalité. Avec ses 4,83 m de long, cette Kia est tout juste 8 cm plus longue que l'Audi S5 Sportback, sa plus proche concurrente européenne.

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Dans la cour des grands

Pour proposer une alternative au coupé 5 portes allemand et à son V6 3.0 turbo de 354 ch, les ingénieurs Kia ont mis le paquet. Ils ont repris le V6 3.3 bi-turbo utilisé par Genesis, une marque appartenant, comme Kia, au groupe Hyundai, et l'ont légèrement retravaillé jusqu'à en obtenir 370 ch. La Stinger devient ainsi la Kia de série la plus puissante jamais produite. Avec ses 270 km/h en pointe et son 0 à 100 km/h expédié en moins de 5 secondes, elle est également la plus performante. A son volant, pourtant, les sensations sont largement lissées. Il est vrai qu'avec sa transmission intégrale, sa structure presque entièrement en acier et son équipement pléthorique, l'auto dépasse les 1 900 kg à vide. Et même si l'on tente de réveiller la mécanique avec une franche pression sur l'accélérateur, la Stinger demeure facile à mener. Y compris lorsque, comme ce fut le cas durant une partie de notre essai, les routes sont grasses. Cette Stinger ne serait-elle qu'un pétard mouillé ? En fait, Kia reconnait avoir volontairement développé une GT presque trop sage… tant que l'on reste en mode de conduite Normal. Pour les amateurs de sensations fortes, il suffit de basculer le sélecteur situé au pied du levier de vitesses sur Sport pour que le comportement de l'auto change assez profondément. Le V6 devient ainsi plus rageur et ne manque pas une occasion de se faire entendre, l'ESP se veut moins permissif et la direction se fait encore plus directe. Provoquer ainsi une légère dérive du train arrière en sortie de virage est un jeu d'enfant. Dans ces conditions, l'électronique ne manque toutefois pas de reprendre la main rapidement pour remettre la Stinger dans le droit chemin. Les têtes brulées pourront même activer le mode Sport +, supprimant ainsi presque toutes les barrières électroniques. Un « jeu » à réserver toutefois lors du roulage sur circuit tant les réactions de l'auto peuvent alors devenir brutales.

Rattrapée par de vieux démons

Mécaniquement séduisante, la Stinger pêche toutefois à bord. (Très) basse et assez allongée, la position de conduite n'est pas en cause. D'autant que les nombres réglages électriques, aussi bien pour le siège conducteur que pour la colonne de direction, permettent à tout un chacun de se sentir à l'aise. Mais, sous les yeux du conducteur, c'est un festival de matériaux sans noblesse : plastiques à peine moussés, voire carrément durs pour la partie inférieure de la planche de bord, inserts imitation alu... en revanche, les assemblages sont impeccables. Tout cela n'empêche toutefois pas de se sentir bien à bord de la Stinger. Car cette GT fait preuve d'un confort surprenant, au point de supplanter toutes ses rivales à ce chapitre. La suspension pilotée, livrée de série avec le V6, parvient à faire oublier que les jantes de 19'' sont chaussées de pneumatiques presque totalement privés d'air (taille 40 à l'avant et taille 35 à l'arrière).

À retenir

La Stinger a bien retenue la leçon édictée par ses rivales européennes. Malgré ses 370 ch, elle est facile à mener au quotidien, même pour un conducteur peu familier avec un tel niveau de puissance. Si l'électronique lui permet de forcer un peu son caractère, son poids conséquent l'empêche de prétendre au titre de sportive. Mais sa polyvalence et son confort seront certainement des atouts bien plus tangibles pour lui permettre de remporter l'adhésion de ceux qui ne veulent plus rouler allemand.
points fortsConfortable et facile en monde Normal, joueuse en mode Sport, Tarif contenu, Equipement pléthorique, Esthétique personnelle.
points faiblesMoteur manquant un peu de caractère, Passage de rapports parfois brusques, Décote
14.9

20
Les chiffres
Prix 2017 : 59 900 €
Puissance : 370 ch
0 à 100km/h : 4.9s
Conso mixte : 10.5l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 16/20
Sécurité active et passive : 19/20
Confort et vie à bord : 13/20
Budget : 15/20

Avis des propriétaires

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Commentaires

avatar de ticereto
ticereto a dit le 19-10-2017 à 08:06
Bonjour elle est parfaite je l ai essayé il y a 10 jours sur le circuit du Luc dans le Var le seul problème sur cette voiture pour la V6 c'est les 10500 euro de malus Le 2.2 CRDI 4x2 c'est 1873 euro de malus et le 2.2 CRDI 4x4 c'est 6053 de malus pour l année 2018 et je vous dit pas la taxe TVS pour le V6 avec 244 de co2 c est 5246 euros mais cela ne m'empêchera pas de l acheter mais la plus petite c'est vraiment dommage