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Acheter une SIMCA 1000 coupé, la filière italienne

Serge Bellu le 12/01/2014

À l'aube des années 1960, l'art de la carrosserie italienne est à son paroxysme. Pour en débusquer les plus belles perles, inutile de chercher les chefs-d'œuvre chez Ferrari ou Maserati. Les marques de grande diffusion font aussi appel aux stylistes italiens pour nous livrer des créations pleines de charme.

La naissance de la Simca 1000 Coupé

SIMCA 1000 coupé, la filière italienne

Les liens entre Simca et l'industrie italienne sont anciens et étroits. Née pour devenir la filiale de française de Fiat, l'entreprise S.I.M.C.A. n'a jamais coupé ses liens avec Turin jusqu'à son intégration dans le groupe Chrysler en 1963.
Ainsi, la Simca 1000, petite berline familiale à moteur arrière, a été développée avec la complicité des ingénieurs et des designers italiens chez Fiat. Elle sort en octobre 1961 et elle est suivie d'une variante qui est dessinée et réalisée en Italie : la Simca 1000 Coupé. Après avoir repoussé un projet proposé par Facel-Véga, Simca a retenu un superbe dessin imaginé par Giorgetto Giugiaro chez le carrossier Bertone. La ligne est élégante, gracile, charmante, expressément tracée pour séduire la clientèle féminine. En revanche, les amateurs de sensations plus musclées sont déçus. La mécanique est rigoureusement semblable à celle de la berline ce qui lui donne un comportement routier que l'on peut qualifier de primesautier…
Le moteur ne grappille que deux petits chevaux ce qui en fait une voiture plus paisible que sportive. En outre, le coupé conserve le caractère de la berline et sa fâcheuse tendance au survirage.
L'atout maître de la Simca 1000 Coupé réside avant tout dans son style qui a été tracé par un Giugiaro encore jeune, qui règne sur le studio de création de Bertone depuis 1960.

La carrière de la Simca 1000 Coupé

Après avoir vécu paisiblement en se contentant de la mécanique de la Simca 1000, le coupé se trouve métamorphosé lorsqu'il se transforme en « Coupé 1200 S ».
Présentée à la presse en juin 1967, la 1200 S bénéficie du bloc de la Simca 1100 qui doit sortir à l'automne 1967. Porté à 1 204 cm3, ce moteur fournit 80 ch à 6 000 tr/min et permet de faire passer la vitesse maximale de 140 à 175 km/h !
En même temps, la suspension arrière est complètement revue en abandonnant ses bras oscillants pour adopter des cardans qui induisent un carrossage négatif. Le transfert du radiateur vers l'avant, qui explique l'apparition d'une prise d'air, améliore la répartition des masses. En contrepartie, le coffre à bagages a été purement et simplement sacrifié et il faut entassé les bagages à la place des sièges arrière.
À partir de 1969, la 1200 S bénéficie du montage d'une direction à crémaillère beaucoup plus précise que le boîtier de la 1000.
Mais la carrière de la 1200 S Coupé ne sera pas longue car Simca conclut un accord de coopération avec Matra débouchant sur la distribution de la Matra 530 à travers le réseau Simca. La 1200 S n'a plus sa place au catalogue. En 1970, son assemblage est transférée dans l'usine Chrysler de Rotterdam, pour quelques mois seulement. En 1971, la 1200 S disparaît du catalogue.
En juin 1968, un département compétition, confié à Henri Chemin, est créé chez Simca. Un an plus tard, il met en place le Challenge Simca qui est ouvert aux jeunes pilotes, nombreux à choisir la 1200 S Coupé. L'usine elle-même développe une version plus performante pour son propre engagement. Allégée, équipée de moteurs plus ambitieux (de 1 300, 1 500 voire 1 800 cm3), le coupé « 1200 X » pilotée par Bernard Fiorantino s'illustre dans plusieurs rallyes nationaux, notamment le Rallye des Routes du Nord en 1970.

Trois bonnes raisons pour acquérir une Simca 1000 Coupé

LE STYLE DE LA 1000 COUPÉ EST L'ŒUVRE D'UN GIORGETTO GIUGIARO QUI DÉJÀ MAÎTRISE SON ART
Artiste dans l'âme, Giorgetto Giugiaro fut formé à l'académie des Beaux Arts de Turin. Après une première expérience chez Fiat, il est engagé chez Bertone en 1960. La Simca 1000 Coupé compte donc parmi ses toute premières créations, mais elle fait d'emblée preuve d'une magnifique maîtrise des proportions.

LA SIMCA 1000 COUPÉ A LE CHARME DES PRODUCTIONS MARGINALES
Bien que d'une cylindrée inférieure, la Simca 1000 Coupé prend dans la gamme Simca la place de la Plein Ciel qui était dérivée de l'Aronde et qui était sous-traitée chez Facel-Véga. Le label « Bertone », fixé au flanc du coupé, lui apporte incontestablement la valeur ajoutée qu'ont les séries marginales.

EN VERSION 1200 S, LE COUPÉ AFFICHE DE VRAIES QUALITÉS DYNAMIQUES
Alors que la Simca 1000 Coupé n'a aucune prétention sportive, la 1200 S affiche une personnalité radicalement différente. Plus saine, plus performante, plus dynamique, elle a sous cette forme de réelles qualités routières. D'ailleurs, quelques petites bombes ont ont donné la preuve en s'illustrant sur les routes des rallyes nationaux.

Celle qu'il faut choisir

On l'a compris, si l'on est seulement attiré par la beauté de la carrosserie, si l'on défile paisiblement dans les concours d'élégance, la 1000 Coupé suffira pour vous satisfaire. Mais à condition de ne pas la brusquer et de ne pas la prendre pour ce qu'elle n'est pas : une voiture de sport. Dès lors que vous souhaitez cravacher le joli coupé, il est indispensable de passer à la vitesse supérieure et d'opter pour le 1200 S sensiblement plus vif et plus sécurisant.
Bien sûr, le tarif n'est pas le même pour les deux modèles. Tandis que la 1000 Coupé se négocie autour de 9 000 €, il faut compter 13 000 € pour la 1200 S Coupé.

La technique de la 1000 Coupé en 10 chiffres

• 4 cylindres en ligne
• 944 cm3
• 52 ch à 5 400 tr/min
• 21,4 mkg à 3 250 tr/min
• 4 vitesses
• 392 cm de long
• 810 kg
• 140 km/h
• 4 987 exemplaires (toutes versions confondues)

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Commentaires

avatar de JACKY02
JACKY02 a dit le 20-01-2014 à 18:44
Si j'ai bonne memoire Bernard FiorEntino courrait sur une CG.
avatar de pantalerme
pantalerme a dit le 09-01-2014 à 10:14
quelques précisions: en 1966 (année de sortie de la "Gord 1300")j'avais 16 ans. En réalité le bloc était un 1255 cm3, pour une puissance de 88 cv DIN. Soit + 8 cv par rapport à la Simca 1200S, pour une vitesse identique ....
avatar de ocar-parc beaumont
ocar-parc beaumont a dit le 08-01-2014 à 17:03
Le 1200 S m'a fait rêver des années durant, avec ses ouïes avant "à la Miura" !... C'est un peu tard d'y songer, cet article fera encore monter les prix !... J'ai lu un essai dans AutoPassion (années 90) et, sans parler de la corrosion, principal point noir, les qualités étaient certaines. Mais le prix moindre... tandis que, depuis, la corrosion a corrodé... :)