Essai PORSCHE Cayman S (981)

Vincent Desmonts le 13/05/2013

En une seule génération, le Porsche Cayman s'est imposé comme la référence des coupés sportifs. Le nouveau modèle, entièrement inédit, est-il à la hauteur ?

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Le retour

Les « premières fois » sont rarement des succès. Les premiers tours de roues à vélo d'un enfant se soldent souvent par une chute, le premier flirt est généralement un échec pathétique, le premier job se limite fréquemment à préparer les cafés d'un supérieur hiérarchique acariâtre. Bref, les premières fois laissent rarement de bons souvenirs. Sauf chez Porsche : dès son apparition en 2005, le coupé Cayman a fait forte impression ! Ultra agile et très efficace, il a instantanément donné un coup de vieux à la concurrence... sans pour autant coûter bien cher à Porsche, puisqu'il partageait la plupart de ses composants avec le Boxster. Jusqu'en 2012, il s'est ainsi vendu à 65 000 exemplaires dans le monde, dont 3 000 rien que pour la France. Pas mal !

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Style rafraîchi et poids réduit

Du coup, c'est sans surprise que l'on voit débarquer ce Cayman de seconde génération, qui porte comme son cousin de Boxster le nom de code 981. Il en reprend bien évidemment la plateforme allégée, employant 44 % d'aluminium. Résultat, le poids est réduit de 30 kilos par rapport au modèle précédent, tandis que Porsche annonce une rigidité torsionnelle en hausse de 40 %. Côté style, ceux qui restaient de marbre devant l'ancien modèle devraient être séduits : le nouveau Cayman lorgne du côté de la 918 Spyder, avec des optiques au contours caractéristiques et des flancs creusés débouchant sur d'imposantes ouïes latérales. À l'arrière, on retrouve avec plaisir les feux très travaillés du Boxster, avec lesquels l'aileron rétractable s'intègre parfaitement. De profil, la ligne est pure et élancée. Côté dimensions, le Cayman s'est allongé de 33 mm et repose désormais sur un empattement étiré de 60 mm. C'est surtout le porte-à-faux avant qui a été sérieusement réduit, favorisant le dynamisme de la ligne. L'ensemble reste très compact, avec 4,38 mètres de long.

Mesquineries

Le cockpit de ce Cayman de 2ème génération reprend les dernières habitudes maison, avec une imposante console centrale constellée de boutons (pas toujours facile d'y voir clair!) et une instrumentation à trois « fûts », le compte-tours occupant la position médiane, tandis qu'un écran à cristaux liquides pouvant notamment reprendre les informations de la navigation est installé à droite. L'ergonomie est sans reproche, la position de conduite, excellente, et la finition d'un très bon niveau.

En revanche, la présentation particulièrement flatteuse de notre modèle d'essai résultait d'une généreuse pêche dans la longue liste des options, l'équipement de série frisant l'indigence. Porsche ose par exemple facturer le régulateur de vitesse en option (394,68 € très exactement!) : franchement mesquin sur un coupé doté de performances aussi élevées et qui se veut utilisable au quotidien...

On se réconfortera avec le coffre, toujours aussi spacieux. Ou plutôt devrais-je dire : les coffres. Celui à l'avant accueillera en effet 150 dm3 de bagages, tandis que le hayon arrière s'ouvre sur 270 dm3 supplémentaires. Autant dire qu'il est parfaitement envisageable de partir en vacances en couple.

Patte de velours...

Mais assez parlé, passons aux sérieux : la mécanique ! Le Porsche Cayman S (981) reprend le « flat 6 » de la précédente génération, mais dans une version retravaillée. Plus que la puissance, qui n'augmente que de 5 chevaux (325 ch au lieu de 320), c'est surtout l'efficience et la réduction des émissions de CO2 qui a été recherchée. L'injection directe a été remaniée, les frottements réduits, le système de refroidissement est désormais piloté, tandis que le start/stop et la récupération d'énergie au freinage font maintenant partie de la dotation standard. À ceci s'ajoute sur les versions dotées de la boîte à double embrayage PDK une fonction « roue libre », qui permet de grappiller encore quelques décilitres de carburant sur les longs trajets à vitesse stabilisée.

Et c'est clair que ce Cayman S sait faire patte de velours en utilisation quotidienne, particulièrement lorsqu'il est doté de ladite boîte PDK. Dès les premiers tours de roues, le conducteur est mis en confiance par les réactions saines et progressives de l'auto. Le moteur souple, le confort de suspension surprenant ou la compacité rendent le Cayman facile à utiliser en ville, où l'on regrettera simplement une direction un peu lourde en manœuvres et quelques à-coups occasionnés par la transmission automatique.

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…et griffes acérées !

Reste que ce Cayman S préfère les grands espaces dégagés. Sur autoroute, on apprécie sa tenue de cap rassurante et l'insonorisation soignée. Et sur petites routes, son agilité et son efficacité épatent ! Le centre de gravité ultra-bas et le niveau d'adhérence au top autorisent des vitesses de passage en courbe très élevées, tandis que le freinage puissant et facile à doser mettent en confiance. L'amortissement piloté PASM se joue pour sa part des inégalités du bitume : les suspensions « respirent » avec la route, contribuant à maintenir le cap sur bitume dégradé, même à grande vitesse. Enfin, la direction précise permet de se placer au millimètre près sur la chaussée. Seul regret : son faible retour d'informations rend difficile l'appréhension des limites d'adhérence.

Côté performances, la combinaison d'un moteur nerveux et d'un poids contenu (1 350 kilos seulement, soit presque 100 de moins qu'une Lotus Evora S IPS) assure des chronos de premier plan. Avec le Pack Sport Chrono optionnel, qui ajoute l'amusante fonctionnalité « launch control », il est possible de boucler le 0 à 100 km/h en 4,7 secondes. La vitesse maxi s'établit à 281 km/h, et les accélérations sont ponctuées de changements de vitesse-éclair. Autant dire que le Porsche Cayman S (981) atteint très vite des allures que la morale républicaine réprouve. Plus étonnamment, il les atteint sans forcément vous le faire ressentir : l'insonorisation soignée et l'excellence du châssis contribuent à gommer l'impression de vitesse. Mieux vaudra donc garder un œil attentif sur le tachymètre afin d'éviter de voir son permis partir en confettis !

À retenir

quotePlus que jamais, le Porsche Cayman S de 2ème génération est un outil de précision pour dessiner des courbes et tracer des lignes droites. Cette deuxième génération se garde bien de bouleverser la formule, mais l'optimise, avec des performances en hausse, une efficacité magnifiée... et une consommation mieux maîtrisée. Le tout en conservant une facilité d'utilisation et de prise en mains qui fait toujours référence. Hélas, le prix facial attractif n'est qu'un leurre, puisque les options aussi nombreuses que coûteuses font rapidement gonfler la note...
points fortsFacilité de prise en mains, efficacité, performances, présentation flatteuse, coffres spacieux.
points faiblesOptions chères, direction manquant de feeling, sensations de vitesse filtrées.
16.2

20
Les chiffres
Prix 2013 : 70 481 €
Puissance : 325 ch
0 à 100km/h : 4.7s
Conso mixte : 8 l/100 km
Emission de CO2 : 188 g/km
Notre avis
Note de coeur : 16/20
Agrément de conduite
  • Accélération
  • Reprises
  • Direction
  • Agilité du châssis
  • Position de conduite
  • Commande de boîte
  • Etagement de la boîte
:
18/20
Sécurité active et passive
  • Adhérence
  • Freinage
  • Equipements de
    sécurité
:
19/20
Confort et vie à bord
  • Habitabilité
  • Volume du coffre
  • Visibilité
  • Espaces de rangement
  • Confort de suspension
  • Confort des sièges
  • Insonorisation
  • Qualité (matériaux, assemblage, finitions)
:
16/20
Budget
  • Rapport prix/prestations
  • Tarif des options
  • Consommation
:
11/20

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