Essai MINI Cooper Clubman

Jean-François Destin le 05/11/2007

A peine a-t-on achevé dans l'usine d'Oxford la mise en place de la Mini « relookée » que démarre l'assemblage de la Clubman, la version « Shooting break » de la gamme.

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Présentation

Un filon d'or savamment entretenu. A peine a-t-on achevé dans l'usine d'Oxford la mise en place de la Mini « relookée » l'an dernier que démarre l'assemblage de la Clubman, la version « Shooting break » de la gamme. Une variante très attendue puisant ses racines dans les fameux breaks « bois » des années 60 mais magistralement actualisée par les designers de Mini. En jouant sur l'allongement de la carrosserie (+24 cm) et l'empattement (+8 cm), ils ont gommé le manque d'espace à l'arrière, amélioré les commodités d'accès et réussi, par des ouvrants inédits, à rendre la carrosserie encore plus « craquante ». C'est le cas sur le côté droit avec une mini-porte supplémentaire s'ouvrant en sens inverse et à l'arrière où deux portes battantes remplacent avantageusement le hayon.

Légèrement inclinés vers le haut, les vantaux sont si petits qu'on a l'impression d'avoir affaire à un jouet. Finement ciselés, ils bénéficient de vérins assistés et viennent se refermer sur les feux solidaires des montants arrière. Du beau travail favorisant le chargement dans un coffre dont la capacité peut passer de 260 à 930 dm3 !

Avec ses 3.958m, la Mini Clubman vendue seulement 2500 € de plus que la berline va déchaîner les passions d'autant qu'elle hérite de toutes les technologies de la berline. Dès le lancement prévu le 8 novembre 2007, il est disponible en version D (diesel 1560 cm3 HDI d'origine Peugeot de 110 chevaux) et en Cooper et Cooper S avec le tout nouveau 1600 cm3 injection directe maison délivrant respectivement 120 et 175 chevaux.

Comme la berline, la Mini Clubman hérite en série du bouquet de mesures optimisant la consommation et les émissions polluantes et notamment la fonction « Stop & Start » automatique. Enfin, cerise sur le gâteau, malgré ses dimensions accrues et une prise de poids de 75 kilos, elle est aussi excitante à piloter que la berline et gagne même un peu en confort !

Les tarifs vont de 21.300 à 25.800 €

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Design

Jusqu'au montant avant, la Mini Clubman reprend stricto sensu la silhouette craquante de la berline revisitée récemment. Au delà , tout est différent et c'est peu de dire que les stylistes se sont éclatés. Même si les breaks Estate, Countryman ou Traveller des années 60 ont donné l'orientation, la Clubman 2007 innove et va régaler ses futurs acquéreurs.

En la découvrant, on est pris par une irrésistible envie de partir à la recherche de tous ses secrets, en particulier au niveau des ouvrants. Cinq au total sans pour autant qu'elle s'assimile à une classique 5 portes. A l'avant, on retrouve les portières normales mais à droite (côté trottoir) apparaît une mini porte arrière s'ouvrant en sens inverse (on parle de porte antagoniste). Elle facilite l'accès à l'arrière à condition de ne pas s'emmêler les pieds dans la ceinture du passager avant dont le point haut est solidaire de la porte, laquelle ne peut s'ouvrir que lorsque la porte avant est elle aussi ouverte.

Détail insolite : alors qu'il s'agit de voitures britanniques fabriquées en Angleterre, les Mini Clubman à conduite à droite n'auront pas droit à une porte antagoniste sur le flanc gauche pour cause d'économie de fabrication.

Avec un allongement de plus de 24 cm et surtout un empattement en croissance de 8 cm, la Mini Clubman conserve une ligne sportive et agressive tout en donnant l'impression de rester compacte. Comme l'Estate d'autrefois, elle s'offre des portes battantes arrière légèrement inclinées vers le haut. Avec trois particularités : elles laissent les feux solidaires de la caisse (comme les phares avec le capot), masquent les charnières et bénéficient de l'assistance de petits vérins horizontaux. Du beau travail.

Joliment dessiné et malheureusement bien fragile en ville, le bouclier arrière est percé de deux extracteurs en forme de lunettes de ski sous lesquelles sortent un ou deux embouts d'échappement selon qu'il s'agit de la Cooper ou de la Cooper S.

Comme pour la berline, Mini multiplie les décorations et personnalisations au travers de 40 mariages de couleurs. En série, le long pavillon débordant au delà des montants de la poupe aura droit à une couleur décalée tout comme l'encadrement arrière tandis que du plastique gris anthracite donne du relief aux passages de roues.

Habitacle

Arrière mesuré et petit coffre : à contrario du cortège d'éloges qui lui est accordé, la Mini traîne avec elle ses cotes intérieures un peu justes. La Clubman, dont la longueur approche les 3.96m règle en partie ce mauvais accueil. Les occupants des places arrière disposent davantage d'aisance pour les jambes (une banquette trois places est proposée en option), des accoudoirs latéraux creusés dans les flancs permettant de se caler davantage. La capacité du coffre bondit de façon spectaculaire avec une amplitude passant de 160/680 à 260/900 dm3, le repli de la banquette dégageant une surface plane de chargement cette fois convenable mais toujours aussi basse.

A noter sous le plancher du coffre un espace discret pour remiser des objets de valeur du fait de l'absence d'une roue de secours. Seule la Cooper S a droit en série à des pneus RSC Run-flat. En Cooper, c'est la bombe anti-crevaison ou la roue galette contre un supplément de 70 €.

Côté décoration, on retrouve les bonnes idées, la décoration parfois « kitch » et les équipements vraiment gadgets, des plastiques de qualité diverses faisant croire à la présence d'aluminium, d'inox, et même du bois. Les dimensions excessives et provocantes du compte-tours et du compteur sont inchangées et les buses d'aération un peu datées apportent la touche néo-rétro voulue. Fort heureusement, la qualité d'assemblage est aux standards de BMW et la finition à la hauteur des tarifs demandés.

Châssis

On a souvent parlé de kart en évoquant les qualités dynamiques de la Mini servies par un delta de dimensions quasi idéal. Les 24 cm de plus en longueur et l'empattement porté à 2.547m de la Mini Clubman ne changent rien à l'affaire. Compte tenu d'un poids supérieur de 75 kilos par rapport à celui de la berline, les techniciens se sont contentés de revoir les tarages de suspension et d'opter pour des amortisseurs plus fermes. Il s'ensuit des trépidations surtout perceptibles en ville à petite vitesse mais l'empattement accru améliore l'amortissement sur la route. Outre l'ABS avec répartiteur, la Mini Clubman comme la berline reçoit en série le contrôle de freinage en courbe CBC et le contrôle dynamique de la stabilité DSC déconnectable avec assistant au démarrage en cote.

Moteur

Le 1600 cm3 turbo à injection directe conçu en collaboration avec PSA Peugeot Citroën anime les versions essence de la Mini Clubman. Il est proposé en version 120 chevaux et 160 Nm sur la Cooper et en 175 chevaux et 240 Nm sur la Cooper S. Sachant que la fonction Overboost sur cette dernière permet au couple d'atteindre un court instant les 260 Nm. La Clubman accusant seulement 75 kilos de plus, on retrouve à peu près la même vitesse de pointe (225 km/h) mais le 0 à 100 km/h est accompli en 7,6s contre 7,1s pour la berline. Une différence insignifiante pour la clientèle. La consommation mixte normalisée augmente dans des proportions raisonnables en conduite tranquille.

Sur la route

Même si on se retrouve au ras du sol et un peu coincé dans un habitacle mesuré, le pilotage de la Mini Clubman permet de retrouver les sensations délicieuses distillées par la berline. La prise de poids et l'allongement du porte à faux arrière ne modifient en rien le comportement d'un break de ville sans concurrence.

Profitant de la très directe direction à assistance électromécanique, d'une commande de boite rapide et d'un freinage puissant et facile à doser, on tape tout de suite dans les tours d'un 1600 cm3 120 chevaux très vivant mais trahi par un étagement trop long à partir de la troisième. Certes, cette mécanique moderne à injection directe grimpe allègrement jusqu'à 7000 tours, début de la zone rouge mais il faut savoir patienter. Mini a cru bon d'installer devant le levier de vitesses un bouton « Sport » censé agir sur le temps de réponse du moteur et sur la direction. Avec ou sans, c'est du pareil au même.

Cet allongement de la boite répond au souci louable de contenir la consommation mais si on veut conserver un bon rythme de croisière, il faut à chaque ralentissement dû au trafic remonter un, voire deux rapports pour récupérer un vrai couple de relance.

Ce constant recours à la boite a plombé notre consommation moyenne durant l'essai, l'ordinateur de bord (en option à 160 € sur la Cooper !) indiquant 8,2 litres alors que la fiche technique annonce 5,5l (et 6,6l avec la boite automatique).

Comme toutes les Mini depuis le 1er juillet 2007, notre Clubman était équipée en série du récupérateur d'énergie au freinage, d'un indicateur de changement de rapport (si petit et difficile à repérer à la base du compte tours qu'il est inopérant) et surtout du « Stop & Start ». Au feu, au stop ou à chaque arrêt, le moteur s'éteint automatiquement et redémarre dès que l'on débraye. Un équipement intelligent et fiable mis au point et développé par Valeo mais dont la présence ne se justifie qu'en ville.

Deux mots encore pour regretter une insonorisation imparfaite, une visibilité ¾ arrière insuffisante (heureusement, le PDC d'assistance à l'arrière est de série) et un rayon de braquage médiocre sur une voiture de cette dimension.

À retenir

quoteProgrammé depuis le début de la Saga Mini, la Clubman, évocation talentueuse des mini-breaks des années 60, va s'arracher. Au point même que la berline risque d'en pâtir. Mini annonce qu'elle permettra de réaliser 80% de conquête en espérant sans le dire que les hommes se sentiront davantage concernés. Son appellation « Clubman » qui, curieusement, ne figure nulle part est explicite. Quoiqu'il en soit, à Oxford où les 3X8 toute l'année ne suffisent pas pour raccourcir les délais de livraison de la berline, on n'est pas prêt de souffler. Car se pointent à l'horizon, le nouveau cabriolet et une ou deux surprises !
points fortsVariante de carrosserie très ludique et innovante, accueil à l'arrière et coffre améliorés, comportement routier aussi rigoureux que celui de la berline, agilité du châssis, direction, freinage, 1600 cm3 essence vivant et souple, surpoids raisonnable, travail soigné sur l'ancrage des portes arrière.
points faiblesEtagement de la boite, insonorisation perfectible, consommation, autonomie faible, rayon de braquage, pas de régulateur en série sur Cooper, roue de secours à encombrement réduit en option (70 €).
13

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Les chiffres
Prix 2007 : 21 300 €
Puissance : 120 ch
0 à 100km/h : 9.8s
Conso mixte : 5.5 l/100 km
Emission de CO2 : 168 g/km
Notre avis
Agrément de conduite
  • Accélération
  • Reprises
  • Direction
  • Agilité du châssis
  • Position de conduite
  • Commande de boîte
  • Etagement de la boîte
:
14/20
Sécurité active et passive
  • Adhérence
  • Freinage
  • Equipements de
    sécurité
:
17/20
Confort et vie à bord
  • Habitabilité
  • Volume du coffre
  • Visibilité
  • Espaces de rangement
  • Confort de suspension
  • Confort des sièges
  • Insonorisation
  • Qualité (matériaux, assemblage, finitions)
:
11/20
Budget
  • Rapport prix/prestations
  • Tarif des options
  • Consommation
:
9/20

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Commentaires

avatar de Logam
Logam a dit le 07-11-2007 à 13:38
La saga MINI continue et le Clubman est beaucoup plus sympa en vrai qu'en photo.