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Essai LOTUS Elise 1.6

David Lamboley le 13/09/2010

Depuis le printemps dernier, la Lotus Elise profite d'un léger restylage et troque son ancien 1.8 litre contre un 1.6 litre tout aussi puissant mais moins gourmand. Rencontre avec une sportive très verte…

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Présentation

Tous les amateurs d'automobiles connaissent le célèbre précepte d'Anthony Colin Bruce Chapman, créateur de la marque Lotus, et peuvent aujourd'hui mesurer à quel point le « light is right » est plus que jamais d'actualité. Constructeur visionnaire ciblant avant tout le plaisir de conduire et l'efficacité dynamique plutôt que la course à la puissance et les performances à outrance, Lotus est aujourd'hui un modèle en termes de rapport entre plaisir et écologie. Car le secret de toutes les voitures de la marque, c'est avant tout leur poids très mesuré, qui permet de choisir un petit moteur et des éléments constitutifs justement dimensionnés préservant les performances, tout en permettant une consommation de carburant digne d'une citadine.

Comme à son habitude, l'Elise, qui bénéficie d'un léger restylage depuis mars 2010, montre l'exemple et s'inscrit plus que jamais dans ce cercle vertueux. La version d'accès, affichant toujours 136 ch et capable d'abattre le 0 à 100 km/h en 6,5 secondes, est la seule à évoluer mécaniquement. Elle troque son ancien 1.8 litre Toyota contre un nouveau 1.6 litre certifié « Euro 5 » émanant du même constructeur mais nettement plus vertueux en termes de consommation et de rejets polluants. Il permet en effet de descendre à 6,3 litres/100 km de moyenne et 149 g/Co2 par kilomètre. Avec moins de 900 kg sur la bascule, la « petite » Lotus Elise dispose d'un rapport poids-puissance qui lui permet de se battre avec des sportives deux fois plus puissantes ! Tarif : 38 200 euros.

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Design extérieur et intérieur

Lotus n'a pas attendu l'arrivée de la vague verte pour appliquer des principes de base qui, aujourd'hui, paraissent évidents pour abaisser la consommation et la pollution des modèles. Parmi ceux-ci, la finesse aérodynamique est un facteur déterminant qui influence également sur les performances pures. Le restyling de cette nouvelle Elise millésime 2011 va aussi dans ce sens. Ainsi, la face avant, qui rappelle celle de l'Evora, adopte un dessin plus fin, avec de nouvelles optiques et un bouclier optimisé. Le capot moteur, plus haut pour permettre l'implantation du nouveau bloc 1.6 litre Toyota, et le bouclier arrière, intégrant un diffuseur redessiné, sont également modifiés.

Le constructeur annonce un gain de 4% en termes de Cx, mais n'avance cependant aucun chiffre. Quelques éléments officieux circulent à ce sujet, où l'on parle d'un Cx avoisinant les 0,38. Pas très glorieux face aux 0,30 fréquemment relevés dans la grande série, mais plutôt flatteur face à une Caterham, dont le coefficient de pénétration dans l'air digne d'un autobus à impériale flirte avec les 0,70… Fermons la parenthèse « aéro » et installons-nous dans le fin baquet. Surprise, un rapide coup d'œil révèle la présence d'un antipatinage, entièrement déconnectable heureusement, ainsi que, c'est une première, d'un régulateur de vitesse, un équipement optionnel pour l'heure et uniquement réservé à cette version 1.6 litre. Pour le reste, aucun changement majeur, et c'est très bien ainsi.

Mécanique et châssis

Sur ce chapitre également, Lotus n'a pratiquement pas changé sa recette depuis quatorze ans. Le châssis, identique à celui de la génération précédente, (tout comme les réglages des trains roulants, d'ailleurs) est constitué de profilés d'aluminium extrudés, collés et rivetés. Il a maintes fois fait preuve de son efficacité torsionnelle et de sa polyvalence, y compris sur d'autres modèles. Cette véritable colonne vertébrale ne pèse rappelons-le que 68 kilos, soit moins que les 122 kilos du nouveau bloc 1.6 litre Toyota équipant cette version de base !

Ce moteur, justement, constitue la nouveauté majeure au sein de la gamme Elise. Ce « 1 ZR » Toyota remplace l'ancien 1.8 litre du même constructeur, pour une puissance inchangée : 136 ch. Emprunté à la berline Avensis, mais doté d'une gestion moteur développée par Lotus, il se caractérise par la présence d'un déphaseur d'arbres à cames à l'admission comme à l'échappement (Dual VVT-i), ainsi que d'un système de levée variable des soupapes d'admission (Valvematic). Très à la page en termes technologiques, il autorise une combustion « propre » et des rejets polluants maîtrisés, ainsi qu'une consommation très faible pour un engin de cette trempe, soit 6,3 l/100 km de moyenne annoncés. C'est anecdotique, mais la Lotus Elise 1.6 litre échappe également au malus écologique.

Sur la route

Inutile d'insister lourdement, mais il est vrai que la Lotus Elise, même dans sa version la plus basique, est un véritable concentré de plaisir pur, dénué d'ingrédients artificiels, que l'on déguste avec délectation. Une véritable sportive « bio » qui unit tous les sens et inscrit le conducteur dans une véritable démarche participative. A tel point qu'il devient même un élément constitutif de la machine, sans lequel elle ne serait qu'un bel objet inerte, ou peu s'en faut. A l'heure où le conducteur devient assisté à outrance, même au volant de sportives de renom, il est bon de le souligner. En d'autres termes, et même si notre modèle dispose de quelques béquilles électroniques optionnelles, la Lotus Elise représente toujours l'archétype de la sportive pur jus capable de délivrer des sensations à faible allure. Un concept bien dans l'air du temps, vous ne trouvez pas ?

Il suffit pour cela d'emprunter les chemins de traverse, asphaltés bien sûr, et de bannir les longs rubans autoroutiers hanté par des conducteurs en phase de sommeil paradoxal. Le poids-plume et l'absence d'inertie agissent alors comme par magie, reléguant pas mal d'autres sportives à la mode au rang d'utilitaires aseptisés. Mais de tels compliments ne doivent pas éluder quelques éléments à charge sur cette version en particulier. Le côté pointu de sa mécanique, tout d'abord, oblige à naviguer fréquemment dans la deuxième moitié du compte-tours. Ce manque de coffre, qui oblige à jouer du levier de vitesses, et la sonorité quelconque à moyen régime s'effacent ensuite pour faire place au côté rageur, et ce jusqu'à 7000 tours. Bref, pour en tirer tout le jus, il ne faut surtout pas mener cette Lotus Elise à l'économie et sortir la cravache. Excitant, certes, mais les excellentes consommations moyennes et les rejets de CO2 annoncées, dans ce cas, font juste figure de vague élément informatif…

Un grand merci aux propriétaires du magnifique domaine de Grand Maisons, haut lieu d'accueil pour les séminaires, les réunions ou les mariages, situé à 20 mn de la porte d'Auteuil via l'A13, à Villepreux (78). www.grandmaisons.com

À retenir

Celle qui représente le ticket d'entrée pour la gamme Lotus ne change finalement pratiquement pas, hormis son léger restylage et son moteur « downsizé » plus économique à l'usage, qui en fait accessoirement la championne du rapport performances/pollution. Le nouveau bloc qui l'anime n'est pourtant pas un foudre de guerre et manque de pep's à faible et moyen régime, ce qui amène à mener cette Elise 1.6 litre le couteau entre les dents pour en tirer la quintessence. Elle n'en devient finalement que plus amusante, s'appuyant sur un châssis irréprochable d'équilibre et d'efficacité. La plus abordable des Elise n'a donc rien d'une Lotus au rabais…
points fortsComportement magique, concept d'une rare efficacité dynamique, moteur globalement agréable, rapport prix/performances.
points faiblesCaractère et sonorité moteur à faible et moyen régimes, nécessité de la « cravacher » pour en tirer tout le jus.
16.3

20
Les chiffres
Prix 2010 : 38 €
Puissance : 136 ch
0 à 100km/h : 6.5s
Conso mixte : 6.3l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 18/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 11/20
Budget : 16/20

Avis des propriétaires

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Commentaires

avatar de jcj
jcj a dit le 05-04-2012 à 12:22
vous avez aussi la secma F16 bien plus fun