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Essai LAND ROVER Range Rover Sport SDV6 2013

Vincent Desmonts le 22/07/2013

Lourd et pataud sur route, le précédent Range Rover Sport usurpait quelque peu son appellation. La nouvelle mouture, dotée d'une coque en aluminium allégée, est-elle à la hauteur de son patronyme ?

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Appellation contrôlée ?

Lorsque Land Rover lance le premier Range Rover Sport, en 2005, c'est en réaction à l'émergence de la vague des SUV, portée par les Mercedes Classe M, BMW X5 et autres Porsche Cayenne. Reste que derrière cette appellation « Sport » se cachait un engin ne sacrifiant rien à ses capacités en tout-terrain... quitte à se montrer plus pataud que ses rivaux, davantage destinés à un usage purement routier. Malgré ses défauts, dont une habitabilité arrière médiocre, le Range Rover Sport a néanmoins été un gros succès pour la marque, avec 415 000 exemplaires vendus entre 2005 et début 2013. Pas question donc de jeter l'éponge ! Voici par conséquent le Range Rover Sport 2, revu de fond en comble par rapport à son prédécesseur. Déjà, il abandonne la plate-forme du Discovery 3 et reprend désormais la coque en aluminium du dernier Range Rover L405, annonçant ainsi avoir perdu jusqu'à... 420 kilos sur la balance ! Néanmoins, si l'on en croit le constructeur, seules 25 % des pièces sont communes entre les deux Range Rover. Il est vrai que sur le plan esthétique, si les deux modèles arborent des similitudes, ils se différencient par leurs proportions. Le « Sport » est ainsi 15 centimètres plus court et 5 centimètres plus bas que le Range « normal », mais il repose sur un empattement identique (2,92 mètres). Sur le plan du style, le nouveau Range Rover Sport réalise la synthèse entre le caractère statutaire du « vrai » Range Rover et le dynamisme de l'Evoque. Si le profil évoque clairement le modèle de précédente génération, les deux extrémités sont largement inédites, avec une face avant empreinte de sportivité et une partie arrière se distinguant par ses feux de petite taille. À noter que, contrairement au Range Rover classique, le hayon est en une seule partie.

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Habitacle plus spacieux, ambiance plus sportive

De premier abord, la planche de bord semble strictement identique à celle du Range Rover normal, avec son instrumentation sur écran à cristaux liquides, son système d'info-divertissement tactile et ses généreux habillages de cuir. Mais le Range Rover Sport se distingue par un traitement général plus sportif (placages sombres...) et par la présence d'un levier sélecteur classique pour la boîte automatique, en lieu et place de la molette rotative érectile du Range Rover classique. Les différences ne s'arrêtent pas là : le Range Rover Sport arbore des sièges spécifiques, au dessin plus sportif que ceux du Range « normal ». L'empattement allongé par rapport à la précédente génération (+ 20 centimètres tout de même!) permet au Range Rover Sport d'offrir enfin une habitabilité arrière digne de sa catégorie, même si l'espace disponible apparaît toujours médiocre eu égard au gabarit de l'engin. Nouveauté, Land Rover a décidé de proposer une option « 5+2 » places (1 710 €), qui permet de disposer de deux places supplémentaires d'appoint dans le coffre. Je dis bien d'appoint, car les assises sont fines et peu confortables, en plus d'être contraignantes à déployer (il faut avancer les sièges de rangée 2 pour pouvoir les sortir...). Cet équipement aurait été plus judicieux à bord du Range Rover normal, à l'espace intérieur plus généreux...

Agréable punch

Côté technique, ce Range Rover Sport revendique donc un poids en baisse, mais également une puissance en hausse. La gamme démarre désormais avec le moteur turbo diesel TDV6 de 258 ch, que complète le SDV6 de 292 ch que nous avons essayé, avant l'arrivée prochaine d'un SDV8 de 339 chevaux. En essence, la seule offre en France est le V8 Supercharged de... 510 chevaux. En l'occurrence, « mon » Range Rover Sport d'essai revendique donc 292 chevaux pour un poids de 2 115 kilos à vide. À comparer aux modestes 190 chevaux pour 2 455 kilos du tout premier Range Rover Sport diesel. Il devrait y avoir du changement ! De fait, le SDV6 offre un agréable punch, et parvient à propulser ce lourd 4X4 de 0 à 100 km/h en 7,2 secondes. Pas de quoi transformer le Range Rover Sport en GTI, mais suffisamment pour procurer de bonnes sensations, même si l'on a connu la boîte automatique ZF à 8 rapports plus douce et plus réactive. On apprécie également la plaisante sonorité du V6, qui parvient à habilement dissimuler grognements et claquements caractéristiques du diesel.

Pataud sur route, génial en hors-piste !

Côté comportement routier, en revanche, le Range Rover Sport continue de marquer le pas face à la concurrence. La direction manque de franchise dans les grandes courbes et de précision lors des mises en appui. Les suspensions raffermies par rapport au Range classique dégradent sensiblement le confort sans pour autant apporter de gain significatif en matière de dynamisme : le Range Rover Sport reste un engin assez pataud. Un caractère probablement en partie dû au choix de le chausser systématiquement en pneumatiques mixtes M+S plutôt qu'en gommes typées route. En retrait sur route, le Range Rover Sport se montre en revanche impressionnant en hors-piste. Malgré cette monte pneumatique pas parfaitement adaptée, le 4X4 britannique s'est en effet joué des difficultés des parcours techniques auxquels il a été soumis. Notamment sur les sections les plus boueuses, où le Range a réussi à trouver du grip malgré des pneus rapidement enveloppés d'une épaisse couche de glaise. Il faut dire que les évolutions en tout-terrain sont facilitées par le système Terrain Response de dernière génération, qui gère à votre place les blocages de différentiel, le choix de la garde au sol, la sensibilité de l'accélérateur ou encore l'activation ou non du système de contrôle de la vitesse en descente. Le Range Rover Sport dispose en outre d'un système baptisé « wading sensor », qui facilite le franchissement de gués en affichant sur l'écran central le niveau de l'eau et la limite à ne pas dépasser (85 centimètres tout de même!). De fait, seule la peur d'abîmer la belle peinture limitera vos audaces en hors-piste.

À retenir

En bon Range Rover, le « Sport » persiste à vouloir accomplir des miracles en tout-terrain... quitte à rogner sur l'agrément d'utilisation sur route. Et s'il gagne en dynamisme par rapport à la génération précédente, il n'en devient pas pour autant un rival du Porsche Cayenne ! Il s'apprécie à allure modérée, en conduite « coude à la portière », en profitant de son atmosphère intérieure particulière et de la souplesse de son V6 diesel. Et s'il n'égale pas le confort ultra-feutré de son grand frère, le Range Rover Sport a au moins le mérite d'être (un peu) plus abordable.
points fortsEfficacité en hors-piste, agrément du V6 diesel, présentation, habitabilité arrière en progrès, possibilité d'avoir 2 places supplémentaires de dépannage.
points faiblesDirection peu précise, comportement assez pataud, confort en retrait par rapport au Range Rover classique.
14.3

20
Les chiffres
Prix 2013 : 89 300 €
Puissance : 292 ch
0 à 100km/h : 7.2s
Conso mixte : 7.5l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 15/20
Sécurité active et passive : 15/20
Confort et vie à bord : 14/20
Budget : 9/20

Avis des propriétaires

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Commentaires

avatar de tomtom2
tomtom2 a dit le 28-04-2015 à 03:45
la qualité est elle toujours aussi médiocre j ai un range rover sport moins de 5 ans a partir de 2 ans plus rien ne fonctionne tjrs un voyant qui s allume ,amortisseur ,etc je déconseille cette marque les pièces sont hors de prix mon mitsubichi et mon toy sont bien moins cher et de meilleur qualité tom
avatar de franzz
franzz a dit le 22-10-2013 à 18:32
J'ai reçu le mien depuis 4 jours et j'en suis ravi. J'avais déjà le modèle précédent (HSE 245 ch) dont j'étais très content mais le nouveau modèle est transfiguré : confort, silence, tenue de route, nervosité...un changement radical. Quelques petites réserves en vrac: * L'ergonomie simplifiée du tableau de bord est en final...plus compliquée et moins intuitive. Je pense que la prise en main prendra peut être un peu de temps. * Le Joystick change certaines habitudes également (bien vérifier la position où il se trouve lorsque l'on stoppe le véhicule au risque de voir le véhicule avancer tout seul!). * Autre surprise, le véhicule est un peu plus haut que le précédent (du moins la hauteur de son assise) et descend moins bas en position access; conséquence, plus difficile de faire monter les personnes âgées ou handicapées). * plus difficile de piloter un Iphone 4S à partir des commandes du véhicule. Certaines fonctionnalités sont impossibles (répertoire non téléchargé intégralement)