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Essai CHEVROLET Corvette Grand Sport

Vincent Desmonts le 06/12/2011

La Corvette revient avec cette nouvelle version Grand Sport aux voies élargies. Mais elle en profite pour gonfler ses tarifs au passage !

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Présentation

Après avoir déserté l'Europe quelques mois, la Corvette fait son come-back, cette fois-ci dans les showrooms Chevrolet, aux côtés des... citadines Spark et Aveo ! Grâce à sa carrure de déménageur, la Corvette n'a pas de mal à s'imposer aux côtés de ses frêles cousines. D'autant que la gamme débute désormais avec cette version Grand Sport, qui conserve le V8 6,2 litres LS3, mais adopte des voies élargies (+ 30 mm à l'avant et + 38 mm à l'arrière), ainsi que des pneus au format XXL. Résultat : une incroyable présence sur la route, mais aussi un gabarit parfois gênant. Taillée pour les grands espaces, la Chevrolet Corvette se sent à l'étroit dans les villes européennes !

Mais donnez-lui la place de s'exprimer et la bête fait étalage de sa puissance en apparence inépuisable. Ses 437 ch lui permettent d'expédier le 0 à 100 km/h en 4,3 s et d'atteindre les 300 km/h. Le plus impressionnant reste cependant le couple surabondant (575 Nm au maxi à 4 600 tr/min), qui permet de s'affranchir la plupart du temps du levier de vitesses. Quant au comportement routier, il est étonnamment prévenant. Grâce au châssis-poutre en acier et à la carrosserie en composites, la Chevrolet Corvette est plus légère que la plupart de ses rivales. En outre, le moteur est implanté en position très reculée, ce qui contribue au bon équilibre général. De quoi se faire plaisir sans arrière-pensée... sauf au moment de signer le chèque : la Corvette a discrètement augmenté ses tarifs d'une dizaine de milliers d'euros.

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Design extérieur et intérieur

La Corvette, c'est avant tout une légende. Aucune autre sportive ne peut prétendre avoir fasciné les foules pendant aussi longtemps : face à cette dame née en 1953, même une Porsche 911 a des allures de demoiselle ! Mais l'américaine a su évoluer avec son époque, tout en restant fidèle à ses principes. Aux chromes opulents des premières générations, signées Harley Earl, le modèle actuel – de sixième génération – préfère des lignes élancées et des porte-à-faux réduits. Mais les proportions subsistent, avec un interminable capot et une vaste bulle en guise de lunette arrière. Les quatre feux arrière et les flancs creusés sont également toujours là. Cette version Grand Sport se distingue par ses ouïes latérales ornées de chrome et ses « peintures de guerre » sur les ailes avant.

Côté habitacle, même si Chevrolet a consenti quelques efforts, la finition reste éloignée des standards en vigueur chez les concurrents allemands... Et la Corvette ne fait pas de cadeau, en facturant 4 550 € la sellerie cuir intégrale, 2 350 € le système de navigation (pourtant pas du dernier cri) et même... 400 € les logos Corvette brodés sur les appuis-tête ! En outre, l'ergonomie reste déroutante, avec par exemple deux commandes différentes pour le réglage du volant (l'une, manuelle, pour la hauteur, l'autre, électrique, pour la longueur). On se consolera avec le coffre, très spacieux, et l'ingénieux toit amovible, qui permet de profiter d'un coupé targa aux beaux jours.

Mécanique et châssis

Sur le plan technique, la Corvette alterne solutions modernes et archaïsmes. Du côté des premières, on notera avant tout l'originale structure, combinant un châssis-poutre en acier hydroformé, une cellule de survie en aluminium et la désormais traditionnelle carrosserie en fibre de verre, l'ensemble étant gage d'une certaine légèreté : la Grand Sport excède à peine les 1 500 kilos sur la balance. Modernité aussi du côté des amortisseurs, qui peuvent recevoir en option (2 200 €) un fluide magnéto-rhéologique associé à des bobines électromagnétiques (suspension Magnetic Ride), ce qui permet de faire varier instantanément leur dureté.

Du côté des archaïsmes, on retiendra les ressorts à lames (si, si!), ou bien encore le V8 à arbre à cames central, dont les 16 soupapes en tête sont actionnées par l'intermédiaire de basculeurs et de tiges. Si bien que la puissance affichée de 437 ch n'a rien d'éblouissant rapportée à la généreuse cylindrée. Lubrifié par carter sec, le V8 LS3 est associé à une boîte mécanique à 6 vitesses, une transmission automatique étant proposée moyennant un supplément de 3 100 €.

Sur la route

Si la Corvette intimide au premier abord de par ses dimensions et son allure bestiale, elle fait un maximum pour mettre en confiance. La douceur de ses commandes et la souplesse du V8 facilitent la prise en main, tandis que les suspensions de notre modèle, doté de l'amortissement piloté, se montrent étonnamment conciliantes en mode « Tour ». Quant à l'afficheur tête haute (vitesse, régime moteur, indications de la navigation), il se révèle fort pratique au quotidien. Seul le gabarit imposant et la mauvaise visibilité arrière ternissent le tableau. Une caméra de recul ou, à défaut, un radar de stationnement seraient d'un grand secours...

Une fois libérée des contingences de la circulation urbaine, la Corvette Grand Sport révèle son vrai caractère : celui d'une GT capable d'avaler les kilomètres dans un confort seulement perturbé par le ron-ron des pneumatiques. Aux allures autoroutières, le V8 sommeille grâce à la sixième surmultipliée. Mais il suffit de tomber un ou deux rapports et d'écraser la pédale de droite pour que voir la Corvette se cabrer et bondir vers l'horizon, catapultée par un LS3 qui se met alors à hurler de rage. Bien qu'un tantinet trop assistée, la direction permet de placer avec précision le train avant, qui s'inscrit sans délai dans la courbe. Libre au pilote de choisir ensuite l'attitude à adopter : enrouler gentiment le virage sur le couple du V8, ou « donner du gros gaz » et s'amuser des amples – mais progressifs – déhanchements du train arrière. La Corvette se prête de bonne grâce à tous les exercices !

À retenir

Cinq ans après son lancement, la Corvette C6 reste un engin diablement attachant. Son look, ses performances, son caractère affirmé et son comportement routier agile en font une alternative crédible aux sportives européennes. Dommage que ses tarifs aient pris de l'embonpoint : si la Corvette reste compétitive face à ses rivales allemandes, elle doit désormais compter avec une nouvelle venue, qui propose 100 chevaux et deux roues motrices de plus pour un tarif à peine supérieur à équipement égal. Son nom ? Nissan GT-R !
points fortsStyle dévissant les têtes, performances, comportement routier, confort préservé, coffre spacieux, toit amovible fort pratique.
points faiblesTarifs en hausse, options chères, consommation en conduite intensive.
15.1

20
Les chiffres
Prix 2011 : 77 150 €
Puissance : 437 ch
0 à 100km/h : 4.3s
Conso mixte : 12.6l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 15/20
Sécurité active et passive : 16/20
Confort et vie à bord : 11/20
Budget : 12/20

Avis des propriétaires

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Commentaires

avatar de outdoor74
outdoor74 a dit le 09-12-2011 à 11:36
"Motorlegend" prend tout son sens avec l'essai d'une Corvette. Je déplore l'estétique un peu molle de la C6 : les ailes mériteraient d'être galbées comme à la fin des 70' et elle gagnerait à avoir une ligne moins en coin. Je déplore aussi le prix, et l'esthétique générale de la planche de bord. Avant, une Corvette ce n'était pas très bien fini, mais c'était exotique. Un tableau de bord d'utilitaire Japonais c'est pas terrible, mais je me dit que sur piste, on ne doit pas le regarder beaucoup... A essayer, donc !
avatar de chevy56
chevy56 a dit le 08-12-2011 à 13:17
Un des principaux atouts de la Corvette était son tarif. Le stratagème "grand sport" a malheureusement fait voler cet avantage en éclats. Et que dire du réseau de distribution anémique malgré le retour de cette voiture, par ailleurs enthousiasmante, dans le giron de Chevrolet ?