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Essai BMW 540i xDrive

Vincent Desmonts le 06/02/2017

La nouvelle BMW Série 5 se barde d'électronique et se dote même d'un mode de conduite semi-autonome. Mais elle n'en néglige pas pour autant le plaisir... bien au contraire !

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Reçue 5 sur 5

« La voiture qui brouille la frontière entre machine de course et berline de luxe » : c'est ainsi que BMW présentait dans une publicité américaine la 535i E12. Si l'affirmation prête aujourd'hui un peu à sourire, force est de reconnaître que la Série 5 a toujours occupé une place un peu à part sur le segment des grandes berlines. Confortable et luxueuse, mais rarement ennuyeuse à conduire, la « 5 » devenait même volcanique dans ses déclinaisons M. De quoi lui assurer un joli succès, avec 7,9 millions d'unités vendues en 45 ans et six générations. Alors quand la marque a présenté la nouvelle Série 5 - nom de code G30 - en insistant lourdement sur sa connectivité, son écran d'info-divertissement (enfin) tactile ou encore ses assistants qui vont jusqu'à braquer à votre place, on a eu un doute : qu'allait devenir le sacro-saint « plaisir de conduire » cher à BMW ? Heureusement, quelques centaines de kilomètres sur les belles routes du Portugal auront suffi à balayer les moindres doutes à ce sujet. Oui, la BMW Série 5 est parfaitement digne de la lignée. C'est peut-être même la plus réussie de toutes ! Mais n'allons pas trop vite en besogne.

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Révolution technologique

Côté look, en tous cas, les designers de Munich ne se sont pas trop foulés ! La nouvelle Série 5 arbore en effet un style très proche de l'ancienne, mais s'en distingue par quelques gimmicks esthétiques empruntés à d'autres modèles de la gamme BMW. Ainsi, les naseaux de la calandre élargis viennent-ils fusionner avec les blocs optiques, comme sur la Série 3. À l'arrière, les feux étirés lui donnent également un air de grande Série 3. Enfin, sur les flancs, une prise d'air empruntée à la Série 7 fait son apparition. Bref, BMW s'inspire de la politique des poupées russes en vigueur chez les marques concurrentes, même si l'on pourra difficilement faire la fine bouche au vu du résultat final, plutôt convaincant (même si le museau apparaît un brin massif sur certaines finitions). Côté dimensions, la nouvelle Série 5 grandit dans toutes les directions de quelques millimètres. La hausse la plus importante concerne la longueur, augmentée de 29 mm (4,94 m au total). Dans l'habitacle, pas de dépaysement non plus : on retrouve l'architecture classique des planches de bord BMW récentes, avec une présentation soignée et une technologie mise à jour. Ainsi, la Série 5 rechargera désormais votre téléphone par induction. Vous pouvez régler le volume de la radio ou prendre un appel par simple commande gestuelle. L'affichage tête haute largement agrandi propose davantage d'informations. Enfin, l'écran central est désormais tactile. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour BMW ça veut dire beaucoup, et notamment que l'iDrive n'est désormais plus l'alpha et l'oméga de l'interface utilisateur. La fameuse molette est toujours là, mais avouons que l'écran tactile est parfois plus instinctif (et plus pratique pour saisir une adresse dans le GPS). L'habitabilité est dans la bonne moyenne... ce qui n'a pas toujours été le cas sur les Série 5 précédentes.

Des assistants bridés

Et donc, oui, la nouvelle Série 5 saura conduire à votre place. Mais seulement dans certaines situations ! Car, à l'image des autres marques germaniques, BMW se borne à rester dans les limites strictes imposées par la législation européenne actuelle, limites qu'a souvent ignoré l'aventureux Tesla avec son « Autopilot ». On ne lâchera donc vraiment le volant que dans les embouteillages, à basse vitesse. Sur les longs trajets autoroutiers empreints de monotonie, l'électronique ne viendra qu'en support de l'humain : lâchez la barre quelques secondes, et les puces vous rappelleront à l'ordre. En attendant une évolution du cadre réglementaire, il faudra donc s'en contenter. Pour autant, la Série 5 n'en est pas moins taillée pour ces longs voyages. Tenue de cap rassurante, commandes douces, insonorisation très soignée (malgré des bruits de roulement un peu trop présents) et confort de suspension remarquable font que l'on aligne les kilomètres sans jamais ressentir la fatigue. Voilà pour le côté « berline de luxe » de la publicité des années 70.

Quelle efficacité !

Et si le terme de « machine de course » serait franchement excessif, il faut admettre qu'une fois sortie de l'autoroute, la Série 5 en surprendra plus d'un ! Particulièrement quand, comme notre modèle d'essai, elle s'offre l'Adaptive Drive (option à 3 700 €), qui combine amortissement piloté et barres antiroulis actives. Ajoutez-y la transmission intégrale xDrive et un poids réduit de 100 kg grâce à un régime à base d'aluminium et de magnésium, et vous obtenez une berline d'une efficacité très impressionnante. L'équilibre parfait inspire confiance, comme la direction, aussi douce que précise. Du coup, on n'hésite pas à hausser le rythme, et l'on découvre alors un train avant incisif qui s'inscrit sans délai dans les courbes, tandis que le roulis est parfaitement maîtrisé. Et vos passagers ne se plaindront même pas, car le confort de suspension reste excellent en toutes circonstances ! Seule la pédale de frein au mordant inconstant calmera le « pilote » un peu trop enthousiaste. Quant aux amateurs de propulsions BMW pur jus, ils trouveront sans doute cette version xDrive un peu trop « verrouillée » dans les virages. Qu'ils se rassurent : la version deux roues motrices est toujours au catalogue !

Du caractère, que diable !

Mais il y a un (petit) problème. Avec un châssis aussi efficace, on se prend à trouver le nouveau 6 cylindres 3.0 turbo de la 540i un peu tendre ! Pourtant, il n'est pas du genre feignant, avec ses 340 ch et 450 Nm de couple (dès 1 380 tr/min!). D'ailleurs, il avale le 0 à 100 km/h en seulement 4,8 s : ne cherchez pas, il n'y a pas plus véloce à ce niveau de puissance. Mais ce bloc apparaît surtout très linéaire et curieusement aphone. Et si sa discrétion sonore est un vrai atout sur de longs trajets, c'est en revanche une source de frustration lorsque l'on veut un peu s'amuser. Dommage, car la toujours excellente boîte automatique ZF à 8 vitesses sait tout faire : égrener ses rapports dans une douceur totale en ville, ou au contraire les passer en un éclair lorsque l'on active le mode « Sport ». Conclusion ? Vivement la M5 !

À retenir

Avec cette nouvelle Série 5, BMW frappe un grand coup ! À la fois confortable et ludique, silencieuse et performante, elle s'impose comme la nouvelle référence de son segment. Difficile en effet de lui trouver des défauts, particulièrement dans cette version 540i xDrive très feutrée. Peut-être même un peu trop, d'ailleurs : on aimerait que son soyeux 6 cylindres ait davantage de caractère. Quoiqu'il en soit, les fondations ainsi jetées sont prometteuses pour la future BMW M5 !
points fortsEfficacité du châssis, compromis confort/tenue de route exceptionnel, performances, contenu technologique, présentation et finition, boîte automatique douce et rapide.
points faiblesCaractère mécanique effacé, freinage perfectible, bruits de roulement.
16.9

20
Les chiffres
Prix 2017 : 69 850 €
Puissance : 340 ch
0 à 100km/h : 4.8s
Conso mixte : 7.4l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 19/20
Sécurité active et passive : 16/20
Confort et vie à bord : 18/20
Budget : 12/20

Avis des propriétaires

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