Essai ABARTH 595 Competizione

Nicolas Valeano le 19/07/2016

Depuis 8 ans, Abarth pimente la petite Cinquecento pour en faire une bouillante GTi, format XS. Au fil des évolutions, sa puissance comme ses tarifs ont été gonflés. Avec le tardif restyling de l'italienne, l'Abarth se différencie visuellement de la précédente, juste ce qu'il faut, mais elle accueille surtout un invité surprise : un différentiel mécanique pour passer les 180 ch de la version Competizione.

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Pot de yaourt, goût corsé

Marque à part entière au sein du groupe Fiat depuis 2008, Abarth fait perdurer la tradition des « pots de yaourt » énervés à l'italienne. La version la plus affûtée (mis à part l'exceptionnelle Biposto) est la Competizione qui représente le haut de gamme. Sa face avant restylée reprend des éléments de la 500, mais bien entendu dans son style plus agressif, incluant désormais un immense lettrage Abarth dans la grille de refroidissement du spoiler. On note aussi des inserts gris mat, des phares au xénon et, à l'arrière, les feux intégrant un rappel de la teinte carrosserie en leur milieu et un bouclier au dessin revu lui aussi.

Si le jaune Modena (nouvelle teinte) de notre voiture d'essai devait être un peu voyant pour vous, pas de souci, l'auto est personnalisable à souhait, avec peintures bicolores, pastel ou métallisées. Les autocollants latéraux et rétros noir sont quant à eux fournis dans un pack facturé 200 €. Les étriers Brembo sont de série et ils se cachent derrière les belles jantes noir mat de 17 pouces du pack Performance. Détail qui tue (en optant pour le même pack), l'antenne est intégrée dans la vitre latérale et elle est remplacée sur le toit par une pièce d'alu au logo 595…

A l'intérieur, on apprécie le nouveau volant sport cuir et Alcantara avec des touches de carbone. A noter, l'écran multimédia standard sur les modèles français sera plus généreux qu'ici, en 7 pouces au lieu de 5. Mais la pièce maîtresse de notre version d'essai, ce sont ses magnifiques sièges baquets Sabelt optionnels, avec une coque carbone du plus bel effet. Nous voilà dans l'ambiance…

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Petits raffinements technologiques

Sous le capot, on retrouve le petit moteur 1.4 T-Jet de 180 ch qui ne change pas… En revanche, en option sur la version à boîte manuelle (5 rapports, c'est devenu rare !) il est possible de lui adjoindre un différentiel à glissement limité mécanique, en l'occurrence fabriqué par Bacci Romano, le même spécialiste des transmissions de compétition qui signe la fameuse boîte à crabots de la Biposto. C'est toujours une excellente initiative sur ces tractions puissantes et légères (1 090 kg) et nous allons voir que cette simple logique physique trouve ici aussi tous ses avantages en action. Étonnamment, la présence du différentiel mécanique n'élimine pas le différentiel électronique TTC (Torque Transfer Control), connectable d'un bouton sur la planche de bord. Mais d'après Abarth, ses interventions sont minimisées pour laisser le différentiel mécanique travailler et à l'usage, il est difficilement perceptible.

Autre évolution technique, les amortisseurs Koni sont désormais de série aux 4 roues. De quoi renforcer la qualité de l'amortissement de cette citadine dont, rappelons-le, la coque n'est pas particulièrement renforcée pour supporter la puissance embarquée ici. Car avec moins de 6 kilos par cheval et 132 chevaux au litre, cette bombinette affiche des chiffres au registre sportif affirmé. Question performance, rien à redire, elle passe de 0 à 100 en 6,7 secondes et atteint les 225 kilomètres/heure.

Petite, mais efficace !

Avec un volant trop loin et un baquet trop haut, la position de conduite aux réglages limités ne conviendra pas à tous les gabarits. Dommage car mieux vaut être à son aise pour s'occuper de la voiture dans les virolos des routes du rallye du Var et de la Sainte-Baume, terrains de cet essai. La conduite de la petite 595 est assez physique, notamment en mode Sport qui raccourcit la courbe de réponse de l'accélérateur et raffermit l'assistance de direction, tandis que l'écran du tableau de bord vire au rouge et affiche les « G » d'accélération latérale et longitudinale. La sélection de la boîte manuelle manque de précision dans ses verrouillages et, question motricité, le différentiel à glissement limité mécanique aide bien sûr à transmettre la puissance, mais attention, il ne fait pas tout pour vous. Il reste beaucoup d'effets de couple dans la direction à la réaccélération, rappelant que vous êtes au volant d'une petite citadine de 180 ch… Dans le bruit rauque de son quadruple échappement Record Monza, le petit 4 cylindres bénéficie pleinement du souffle de son gros turbo Garrett dans sa plage de fonctionnement entre 2500 et 5500, à entretenir activement car en-dessous, c'est bien creux… Le freinage signé Brembo est tellement à la hauteur qu'il déclenche bien trop facilement le freinage d'urgence et les feux de détresse associés bien agaçants. Bref, la 595 Competizione fait partie de ces autos qui demandent d'en assimiler le mode d'emploi avant de les avoir bien en mains. Mais une fois qu'on s'y est habitué, on commence à vraiment apprécier son potentiel, avec ses suspensions Koni raides, mais très efficaces au confort finalement acceptable. Le prix à payer pour son excellent comportement pour une voiture de ce gabarit, sereine et très rapide, à défaut de se montrer joueuse.

Sérieuse sur la route, elle l'est aussi dans sa liste de prix. A plus de 28 000 euros avec le pack Performance, cette mini GTi fort attachante atteint des sommets. Heureusement, elle se décline aussi en versions plus raisonnables, à partir de 18 600 euros en 145 chevaux. A partir de là, question personnalisation, tout est possible ou presque tant au niveau mécanique qu'esthétique avec cette petite Cinquecento, en version énervée qui mérite bien son logo Abarth.

À retenir

quoteUne fois en mains, la petite italienne au sang chaud offre un potentiel étonnant. C'est une des rares citadines à offrir à la fois une grande compacité et des performances de grande. Personnalisable jusqu'à atteindre les sommets du show-off, elle affiche une personnalité qui n'est pas volée. Car derrière un marketing réussi se cache une vraie petite sportive de caractère, à la définition étonnamment homogène. Dommage que son tarif ne soit pas taillé à la mesure de son gabarit XXS…
points fortsMotricité avec le différentiel en option, comportement efficace et équilibré, excellents baquets en option, puissance de freinage.
points faiblesFreinage d'urgence trop sensible, position de conduite, diamètre de braquage, tarif élevé.
15.3

20
Les chiffres
Prix 2016 : 28 150 €
Puissance : 180 ch
0 à 100km/h : 6.7s
Conso mixte : 6 l/100 km
Emission de CO2 : 139 g/km
Notre avis
Note de coeur : 16/20
Agrément de conduite
  • Accélération
  • Reprises
  • Direction
  • Agilité du châssis
  • Position de conduite
  • Commande de boîte
  • Etagement de la boîte
:
15/20
Sécurité active et passive
  • Adhérence
  • Freinage
  • Equipements de
    sécurité
:
17/20
Confort et vie à bord
  • Habitabilité
  • Volume du coffre
  • Visibilité
  • Espaces de rangement
  • Confort de suspension
  • Confort des sièges
  • Insonorisation
  • Qualité (matériaux, assemblage, finitions)
:
12/20
Budget
  • Rapport prix/prestations
  • Tarif des options
  • Consommation
:
12/20

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Commentaires

avatar de elrico
elrico a dit le 20-07-2016 à 16:49
effectivement la position de conduite.... mais cout raisonnable a l'achat ainsi qu'a l'usage ! on est tres loin d'une mini !! plus rigoureuse mais bcp plus chere ! Ensuite sur l'ancienne 595 l'amortissement trouve ses limites (effet de pompage). Ideale en ville cette 595 et sans reelle concurrence pour un citadin boite robotisee, echappement Monza, decouvrable.. un charme de tous les instants. Je garde la mienne :-)
avatar de alain17
alain17 a dit le 20-07-2016 à 03:20
La position de conduite est rédibitoire...siège trop haut et volant trop loin comme très justement expliqué...Hélas 3 fois hélas car le reste est super.